50 ans de SOS médecins : "On m'appelle pour une douleur abdominale, c'est un bébé qui arrive"

50 ans de SOS médecins : "On m'appelle pour une douleur abdominale, c'est un bébé qui arrive"

TEMOIGNAGE - Si vous avez déjà composé le 3624 au milieu de la nuit et que vous habitez l'Ile-de-France, il est peut-être déjà venu chez vous : cela fait 28 ans que Pascal Chansard travaille en région parisienne au sein de SOS Médecins. Alors que le premier réseau d'urgence et de permanence de soins fête ses 50 ans, ce docteur nous fait partager son expérience.

A l'occasion des 50 ans de sa création le 20 juin 1966 - pour l'anecdote, le premier appel concernait une syncope dans le 16e arrondissement de Paris -, SOS Médecins a demandé à plusieurs de ses docteurs de raconter l'une des  "histoires singulières" de leur carrière. L'une relate son combat contre un cancrelat coincé dans l'oreille d'une patiente, un autre sa visite chez un camionneur déterminé à se faire arracher une dent avec une pince…. Pascal Chansard, lui, a retenu une rencontre improbable, un dimanche matin alors qu'il conduisait encore une Super 5, sur le parking d'une cité "sensible". Reconnaissant d'avoir soigné sa petite amie, un Américain originaire d'une tribu indienne, sortant d'une roulotte, lui avait réparé gratuitement sa voiture qui menaçait de rendre l'âme….

"C'est très intéressant sociologiquement"

De tels moments inattendus, on en vit forcément lorsque l'on travaille pour SOS Médecins, que les patients peuvent désormais appeler 24 heures sur 24 et 365 jours par an (à l'origine, c'était seulement la nuit ou le week-end, mais il a ensuite fallu venir épauler les généralistes débordés pour assurer les soins à domicile…). Si après une expérience auprès du Samu, Pascal Chansard a choisi d'œuvrer au sein de cette association il y a maintenant 28 ans, c'est d'ailleurs aussi par goût de l'aventure : "Je n'avais pas envie de la hiérarchie un peu lourde de l'hôpital, et on est plus isolé lorsque l'on reste dans un cabinet", confie à metronews celui qui est aujourd'hui vice-président de cette fédération regroupant 1100 médecins urgentistes sur tout le territoire, mais qui continue à occuper la moitié de son temps sur le terrain.

A SOS médecins, où les patients sont selon lui "les mêmes qu'aux urgences, les grosses traumatologies de type fracture en moins", cet homme de 57 ans a été servi : "D'un quartier à l'autre, en particulier lorsque l'on travaille à Paris, la population et les milieux sociaux changent et vous voyez sans cesse des gens différents. Vous pénétrez dans leur intimité donc ils se confient plus facilement. C'est très intéressant sociologiquement". Intéressant mais usant lorsqu'il faut enchaîner les gardes de nuit ou les week-ends - à SOS Médecins, 60% des actes sont réalisés la nuit, le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés -, qui peuvent durer jusqu'à 12 heures et donner lieu à une quinzaine d'interventions. Ceci dit, le métier attire à l'heure où le nombre global de généralistes diminue en France : SOS médecins revendique une augmentation de 2% de ses effectifs chaque année.

"Parfois, on sent que ça peut déraper"

Samedi dernier encore, Pascal Chansard a sillonné les rues de Paris pour se rendre chez des patients, l'oreille toujours attentive à la radio qui lui permet de garder le contact avec le centre d'appels, même si à l'heure des communications électroniques elle n'a plus la même utilité qu'à ses débuts, lorsqu'elle était le seul moyen pour connaître ses rendez-vous à venir. Beaucoup de visites concernant des enfants (30 à 40 % des patients le week-end selon lui), une douleur thoracique, une colique néphrétique… La routine, quoi.

Mais en 28 ans de métier, Pascal Chansard a eu son lot de surprises. Un ascenseur qui tombe en panne au beau milieu de la nuit, un berger allemand menaçant face à qui il tombe en franchissant la porte d'un appartement "peu accueillant" (parfois, on sent que ça peut déraper", commente-t-il laconiquement) … Ou encore, un "classique" : "On m'appelle pour une douleur abdominale à 7 heures du matin, j'arrive, c'est en fait un déni de grossesse et l'accouchement est imminent". Ce matin-là, même s'il a aussitôt appelé le Samu avec qui SOS Médecins travaille main dans la main, Pascal Chansard a dû procéder lui-même à l'accouchement. " Ça laisse des souvenirs", conclut-il en toute simplicité.

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