"50 nuances de Grey" : déprime dans les sex shops

"50 nuances de Grey" : déprime dans les sex shops

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GOODIES - Alors que la vague 50 nuances de Grey s’apprête à déferler dans les salles de cinéma cette semaine, l’engouement pour les produits dérivés érotiques n’est pas si évident. Reportage dans les sex shops de Pigalle.

À chaque succès populaire, ses goodies. À l’époque de Harry Potter, les fans arboraient les écharpes bicolores de leur maison préférée. Aujourd’hui, fort de ses 70 millions d’exemplaires vendus dans le monde, le phénomène 50 nuances de Grey mise gros sur les sex-toys, censés rappeler aux lecteurs les scènes les plus osées de la trilogie érotique. Cravaches, menottes, gels en tous genres et même crèmes après-fessée, rien n’est laissé au hasard.

Avec une stratégie commerciale étudiée et un packaging plutôt élégant, la gamme "50 nuances de Grey" a tout pour faire un tabac, à l’occasion de la sortie au cinéma de l’adaptation de la saga. Et pourtant, derrière les tentures des love shops, les vendeurs font grise mine : on est très loin d’un engouement de masse. Voilà quinze ans que Paul vend des sex-toys à Pigalle. Les produits estampillés "50 nuances de Grey", il ne les a même pas commandés : "Pas un seul client n’est venu m’en réclamer, explique-t-il. Pour moi, c’est du pipeau, du pur marketing qui a essayé de surfer sur la vague du succès du bouquin. Que voulez-vous, il faut bien que business se fasse…"

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Cravaches et fantasmes

De l’autre côté du boulevard, Jean-Pierre est moins catégorique. Il reconnaît qu’à la sortie des livres, ses ventes ont profité de l’effet 50 nuances de Grey. "En 2013, j’ai commandé toute la gamme, qui s’est très bien vendue. Des cohortes de femmes et de jeunes filles ont débarqué". Son meilleur produit ? "Les boules de geishas en métal, curieusement", affirme-t-il en souriant devant un rayon entièrement consacré à la trilogie d’E.L. James , entre flacons de lubrifiant (19 euros) et menottes en métal (49 euros). "Mais le soufflet est vite retombé et je doute que la sortie du film ne soit d’un quelconque effet", ajoute le vendeur.

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Même son de cloche au Sexodrome, l’hypermarché érotique qui s’étend sur trois étages, place Pigalle. Grégory, employé de la boutique, nous confie : "Nous avions un mur entier consacré à la gamme que nous venons de retirer parce que ça ne marchait pas du tout. Avec la sortie du film , on espère un léger regain d’intérêt, sans trop se faire d’illusions." Et le vendeur de s’interroger : "Nos clients sont surtout des couples jeunes. On pourrait penser qu’ils sont en attente de ce genre de produits, mais ça ne les interpelle pas. 50 nuances de Grey a sûrement fait évoluer les fantasmes, mais de là à sauter le pas et acheter une cravache, ce n’est pas pareil…"

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