"50 nuances de Grey" : qui sont les amateurs de sado-masochisme ?

"50 nuances de Grey" : qui sont les amateurs de sado-masochisme ?

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TEMOIGNAGE - Alors que le très attendu 50 nuances de Grey est sur le point de débarquer sur grand écran, la communauté sadomasochiste reste largement méconnue. Confessions d’une ex-barmaid dans un club érotique de la capitale.

Sur internet, les forums dédiés au BDSM (bondage et discipline, domination, soumission et sadomasochisme) sont légion. Pour faciliter les rencontres ou simplement pour échanger, c’est tout un univers parallèle qui est à portée de clics. Mais malgré le coup de projecteur non négligeable offert par E.L. James dans sa trilogie 50 nuances de Grey , où une jeune femme ingénue s’initie au sadomasochisme, cette communauté reste méconnue. C’est que la plupart de ses adeptes, passée l’étape virtuelle, se retrouvent dans la pénombre des clubs privés. Longtemps perçus comme symboles d’une "déviance sexuelle", ils sont aujourd’hui désignés comme des lieux de liberté par ceux qui les fréquentent.

Pauline, 23 ans, a travaillé quatre mois comme barmaid et danseuse dans un célèbre club érotique de la capitale, dans le 1er arrondissement. Un bar avant tout échangiste et libertin, où se pratique aussi occasionnellement le sadomasochisme. "Ce sont des lieux très open, où tout semble autorisé", avance-t-elle. "Mais en réalité, les règles sont très strictes dans ce genre de bar. D’abord, il y a un vraie sélection à l’entrée : il faut être habillé de façon classe pour les hommes, sexy pour les femmes. Je me souviens de clientes qui arrivaient en jean et allaient ensuite enfiler une tenue plus appropriée dans les toilettes. Ensuite, l’argent ne circule pas dans le bar, chacun paie sa note à la sortie." Elle ajoute : "C’est pour éviter que d’éventuelles prostituées ne soient rémunérées sur place."

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Des codes qui marquent également la pratique même du sadomasochisme. Entre chaque partenaire, il est d'usage d'établir un contrat - écrit ou tacite - afin de poser les limites physiques de chacun. Bien souvent, un mot de passe, défini à l'avance, permet de dire : "Ça, je ne le supporte pas, on arrête". La douleur oui, mais pas n'importe comment.

"Des choses malsaines s’y passent"

Car c'est dans une ambiance toujours chic qu'une clientèle souvent aisée se retrouve. Pêle-mêle, Pauline évoque avec nous les clients dont elle se souvient : comédiens, directeurs d’hôpitaux ou encore avocats : on n’entre pas dans un club érotique comme au pub du coin. Le fameux Cris et chuchotements , ou l’Escarpin Club dans le Marais, font payer l’entrée environ 70 euros par couple et 100 euros pour un homme seul. Une femme non-accompagnée, en revanche, peut entrer gratuitement. "Il ne faut pas que les hommes soient en surnombre, une fois à l’intérieur", précise Pauline, à qui son patron de l’époque demandait de danser pour "mettre l’ambiance", surtout les soirs de semaine où la fréquentation était en berne.

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Ouverts dès le milieu de l’après-midi, ces bars calfeutrés toujours plongés dans la nuit accueillent une clientèle surtout faite d’habitués : "Bien sûr, il y avait souvent des nouveaux qui venaient tester, mais à chaque soirée je voyais les mêmes têtes. Les personnes étaient contentes de se retrouver", explique encore la jeune femme. "Du coup, c’est là que ça devenait difficile. Quand tu sympathises avec un couple et qu’ensuite tu les vois s’adonner à des trucs assez violents avec divers instruments - la cravache reste un must - ça peut mettre très mal à l’aise." Mais de manière générale, Pauline conserve un souvenir ambivalent de sa courte carrière de barmaid : "Ce n’est pas si glauque comme endroit même si, à mes yeux, des choses malsaines s’y passent."

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