Pourquoi il faut parler de "journée des droits des femmes" (et surtout pas de "journée de la femme")

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DÉBAT - Le 8 mars, le monde célèbre un jour dédié aux avancées des droits des femmes. Mais l’expression souvent utilisée de "journée de la femme" et les initiatives commerciales qui accompagnent souvent cette date la réduisent parfois au cliché d’une féminité figée.

C’est le 8 mars. Un jour où l’on rappelle que chaque année, près de 200.000 femmes en France se déclarent victimes de violences conjugales. Qu’elles ne sont que 25% à l’Assemblée nationale. Et qu’à travail égal, elles gagnent environ 9% de moins que leurs congénères masculins. Mais c’est aussi une journée où l’on voit fleurir de drôles d’initiatives commerciales, comme cette carte bancaire Caisse d’Épargne imaginée en 2015 par la créatrice de lingerie Chantal Thomass, rose et or, affichant des jambes faméliques de mannequins et des talons hauts - qui doivent être fort désagréables à porter. Ou encore des réductions sur les rouges à lèvres .


Si, pour vous, le 8 mars fait immédiatement référence à la lutte pour les droits des femmes et aux chiffres cités plus haut, vous aurez certainement plutôt tendance à parler de "journée des droits des femmes" ou de "journée internationale des droits des femmes". Si au contraire, cette date vous inspire l’envie d’offrir des fleurs à vos collègues féminines ou de célébrer les cheveux longs et les jupes courtes, vous avez certainement en tête l’expression “journée de la femme”.

"Si vous pouviez éviter de parler de journée 'de la femme'" !!

Une expression qui irrite nombre de féministes, pour lesquelles il ne s’agit pas de célébrer les stéréotypes, mais au contraire d’essayer d’en sortir. "Parler de ‘journée de LA femme’, c’est oublier celles qui ne rentrent pas dans les stéréotypes habituels : celles qui ne sont pas hétérosexuelles, blanches, minces, etc. Cela accentue l’idée d’une femme parfaite, celle que l’on voit à la télévision ou dans les publicités", martèlent-elles, en épinglant parfois l'ONU.

Mais au fait, quelle est l'appellation officielle ? Les deux, mon général ! Ou plutôt, cela dépend si vous considérez le cadre international ou national. L’ONU , l’ Unesco et l’ Unicef ont adopté l'appellation “Journée internationale des femmes" en anglais). Mais le gouvernement français et la plupart des associations féministes françaises (toutes ?) parlent de "journée internationale des droits des femmes".


Une chose est sûre : le 8 mars, ce n'est pas comme la fête des grand-mères, qui a, elle, été créée en 1987 par la marque de café du même nom . Proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par la révolutionnaire Clara Zetkin, cette journée était pensée à l’origine pour être un événement politique. Et c’est dans cet état d’esprit que la date a été officialisée en 1977 par les Nations-unies, puis en 1982 par la France, dans la foulée des luttes féministes des années 1970.

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 A force, le 8 mars pourrait finir, comme Noël ou d’autres fêtes, par n’être plus qu’un symbole commercial. Espérons que d’ici là, les femmes n’auront plus besoin de rappeler leurs droits.

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