A Paris aussi, il faut se battre pour avorter

A Paris aussi, il faut se battre pour avorter

DROITS DES FEMMES - Le planning familial de Paris à présenté mardi une enquête sur l'accès à l'avortement dans la capitale. Elle pointe des dysfonctionnements persistants dans l'accueil des femmes souhaitant pratiquer une IVG.

"A Paris comme ailleurs, avorter reste un parcours du combattant". Quarante après la loi Veil , Charlotte Billaud fait ce constat tous les jours dans le cadre de ses activités d'animatrice au Planning Familial de Paris. Elle l'a même directement expérimenté en menant fin 2014 une enquête, dévoilée mardi, auprès de l'Institut mutualiste Montsouris (14e) et des neuf hôpitaux publics parisiens qui pratiquent l'IVG (ils réalisent 80% des avortements dans la capitale). Sur plusieurs jours, la militante les a appelés en utilisant deux profils : une femme ayant dépassé les 12 semaines d'aménorrhée - l'avortement chirurgical est possible jusqu'à 14 semaines - et une autre à la grossesse moins avancée mais sans couverture sociale.

"Pas mal de dysfonctionnements"

Le résultat de ce "testing" ? L'accueil des femmes souhaitant pratiquer une IVG à Paris - dont beaucoup de Franciliennes n'ayant pas trouvé de solution dans leur département - laisse clairement à désirer : standards téléphoniques aux abonnés absents (sur 32 appels passés, 42% n'ont abouti à aucune réponse), avec des secrétariats parfois "culpabilisants" ou donnant des informations peu claires. Difficultés pour pratiquer l'IVG lorsque l'on dépasse les 12 semaines d'aménorrhée (seuls quatre établissements avaient de la place), incertitude de pouvoir le faire lorsqu'on est non assurée sociale, peu de place pour les IVG médicamenteuses en ambulatoire... "S'il y a des améliorations, notamment avec la suppression du délai de réflexion de sept jours votée par l'Assemblée, pas mal de dysfonctionnements empêchent encore les femmes d'avorter dans de bonnes conditions", commente Charlotte Billaud.

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Ces dysfonctionnements, le Planning Familial les a déjà dénoncés partout en France, où plus de 200.000 femmes avortent chaque année. "Les difficultés décrites sont réelles, même si la situation à Paris, grâce à la densité d'hôpitaux et de transports, est meilleure que dans bien des endroits", nuance Michel Teboul, le responsable du centre d'IVG de Cochin-Port Royal. "Chez nous, l'activité n'est pas surchargée et c'est par choix que l'on a tous intégrés ce service. Mais il y a des établissements où les moyens manquent et où l'IVG n'est pas considérée comme une urgence...".
 

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