A Paris, l'opposition veut faire interdire les pubs pour la malbouffe dans le métro

A Paris, l'opposition veut faire interdire les pubs pour la malbouffe dans le métro

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SANTE - Un voeu déposé par la droite parisienne au Conseil de Paris propose d'interdire la publicité pour les aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés dans le métro parisien. Le voeu, qui devrait être adopté mardi, vise à "ouvrir le débat" après l'abandon d'une mesure de ce type, ciblée sur les jeunes, dans le projet de loi agriculture et alimentation.

Il veut faire interdire les publicités pour "les aliments gras, sucrés et salés" dans les couloirs du métro parisien. Jean-Baptiste Menguy, conseiller de Paris LR du XVe arrondissement, a déposé un voeu qui devrait être examiné mardi au Conseil de Paris. Le texte pourrait être adopté par les élus de la capitale. 


Le voeu de l'élu de l'opposition propose aussi de "promouvoir l'alimentation durable, notamment les producteurs locaux" et de réduire la distribution automatique "d'aliments gras, sucrés ou salés" au profit "d'aliments sains comme les fruits issus de l'agriculture durable" et de "boissons non sucrées". 


Dans son argumentaire, le texte invoque les risques médicaux liés à l'obésité, que la "Stratégie alimentation durable" adoptée par la municipalité veut réduire de 10.7% à 5% de la population d'ici à 2030. Il pointe également "la très grande sensibilité des enfants" à ce type de messages, démontrée par des études scientifiques. 

"Il faut une base légale"

"L'alimentation est devenue un enjeu culturel et durable", explique à LCI Jean-Baptiste Menguy, qui rappelle notamment que c'est un "discriminant social", les populations les plus modestes se trouvant les plus exposées à la malbouffe. "Nous n'allons pas assez loin sur cette dimension publicitaire, alors qu'on l'a fait pour l'alcool et le tabac."


L'élu de droite s'appuie sur une mesure similaire qui vient d'être adoptée par la mairie de Londres, qui envisage également de "limiter la publicité aux abords des établissements scolaires". "Des pistes intéressantes", juge-t-il. 


Le voeu devra toutefois se contenter d'"ouvrir le débat" sur la question, puisqu'il n'y a actuellement "pas de base légale" pour interdire ce type de publicité dans les transports. Le projet de loi agriculture et alimentation, qui vient d'être voté à l'Assemblée nationale, n'a pas repris les propositions de plusieurs députés qui souhaitaient interdire ces messages publicitaires lorsqu'ils s'adressent à des enfants de moins de 16 ans. "Une occasion ratée", affirme l'élu. 

Respect du cadre légal

Sollicitée par LCI, Mediatransports, la régie publicitaire qui gère les espaces publicitaires de la RATP, rappelle que sa mission est de "contrôler systématiquement tous les visuels afin de vérifier qu'ils respectent la législation en vigueur". A savoir : l'article 2133 du Code de la santé publique, qui impose la fameuse mention "manger bouger" sur les affiches publicitaires, faute de quoi les annonceurs doivent reverser une taxe de 1.5% à l'Agence nationale de santé publique. 


Mais en l'absence de législation complémentaire ou de contrat spécifique avec la RATP, pas d'interdiction de publicités dans le métro. Pour l'heure, le contrat liant la RATP à la régie Mediatransports n'exclut que deux hypothèses, les pubs à caractère religieux et celles à caractère politique.  

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