Pour vivre dignement à Paris, les stagiaires devraient gagner au moins le double

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STAGIAIRES - Selon une étude, Paris est, après Londres, la capitale européenne où il fait le moins bon être un stagiaire. Il faudrait à ces étudiants 1050 euros pour y vivre dignement, quand le salaire minimum légal est de 554 euros pour les stages de plus de 44 jours, et que les entreprises ne sont tenues à rien pour les séjours en entreprises plus courts.

Un million de stagiaires en France... et les plus mal logés sont à Paris. Dans la capitale, ces étudiants gagnent en moyenne deux fois moins que le minimum qu'il leur faudrait pour vivre dignement (loyer, repas, etc.), selon une étude* publiée ce vendredi par la plateforme d'aide aux étudiants Uniplaces. Le salaire minimum légal pour les stagiaires français - qui n'est fixé que pour les missions de plus de 44 jours -, est de 554 euros net par mois depuis le 1er août 2015. Or, selon l’index InternsGoPro utilisé par Uniplaces, il faudrait à ces stagiaires parisiens 1050 euros par mois, soit 54 % de plus. 

Si certains sont boursiers, d'autres aidés par leur famille, et si le minimum légal augmente tous les ans depuis 2009 (passant de 398 à 554 euros en 7 ans), l'Union nationale des étudiants de France (Unef) ne décolère pas. Le syndicat étudiant estime que "l'État doit augmenter la rétribution minimale, et la rendre obligatoire pour tout stage indépendamment de sa durée", a affirmé son représentant Ivan Dementhon dans une interview à Vice News France ce vendredi.

Les entreprises sont toutefois tenues de rembourser la moitié des frais de transport et de donner accès à leurs jeunes recrues à la cantine ou à des tickets restaurant. Par ailleurs, les conditions de recours aux stagiaires, leur durée maximale (6 mois), le nombre maximal de stages en cours et le délai entre deux stages sont écrits dans la loi. 

 

59 % des stagaires sont "sous payés" en Europe

Paris est la deuxième capitale d'Europe la plus rude pour les stagiaires - après Londres, toujours selon cette étude. Un étudiant britannique ou allemand ne peut prétendre au salaire minimum du pays. Idem en Allemagne. La ville la plus accessible est Lisbonne, où les stagaires peuvent s'en sortir avec 650 euros d'indemnisations. Les disparités sont colossales d'un pays à l'autre. Par exemple, en Irlande, la gratification atteint souvent 80 % du salaire minimum, quand en Espagne notamment il n'y a pas d'obligation légale de payer les stagiaires. 

Selon le centre European Interns Day cité parle magazine européen participatif Café Babel, 59 % des 4,5 millions de stages européens sont sous-payés. Pire, 40 % de ces jeunes travaillent sans la moindre forme de contrat. Au niveau de l'Union européenne, jusqu'à présent aucune charte ou loi n'ont été établies pour harmoniser les règles afin d'améliorer les conditions de vie des étudiants, notammment les plus démunis. Et ce, bien que le Parlement européen ait renouvelé sa demande en 2012 via une résolution pour l'emploi des jeunes. La motion proposait d'offrir des stages de qualité garantissant une rémunération décente. Elle est restée lettre morte.

*L’étude se base sur l’index InternsGoPro, une plateforme créée en 2013 par plusieurs associations de protection des stagiaires en Europe

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