A Paris, Toulouse et Nantes, des centaines de personnes rendent hommage à Rémi Fraisse

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HOMMAGE - Quelque centaines de personnes ont rendu hommage mercredi à Paris, Toulouse et Nantes à l'écologiste Rémi Fraisse. Le jeune homme a été tué il y a deux ans par une grenade des gendarmes lors d'affrontements sur le site du barrage contesté de Sivens.

Deux ans après sa mort, des centaines de personnes ont rendu hommage à Rémi Fraisse mercredi. A Toulouse, quelque 300 sympathisants et des anciens occupants de la "Zone à défendre" (Zad), se sont réunis devant le Monument aux morts. "Zad partout", a entonné la petite foule avant de défiler derrière une banderole intitulée "Rémi enfant de la Terre. N'oublions jamais". La manifestation, encadrée d'un important dispositif policier, s'est déroulée dans le calme.

A Paris, plus de 200 personnes se sont rassemblés dans le quartier populaire de Ménilmontant. Un peu plus tard dans la soirée, des CRS sont intervenus pour disperser quelques manifestants qui s'étaient retrouvés au niveau de la place de la République. Du côté de Nantes, environ 160 personnes, selon la police, ont défilé derrière une banderole proclamant "Pas de justice, pas de paix. Liberté".

Dimanche, des empoignades avaient eu lieu à Sivens entre des opposants et des partisans du projet, lesquels voulaient empêcher un hommage de 75 personnes à l'endroit où Rémi Fraisse est mort. Trois jeunes opposantes ont porté plainte. Elles affirment avoir été blessées à coups de couteau par un militant pro-barrage.

L'enquête piétine

Rémi Fraisse, botaniste de 21 ans, décrit comme un pacifiste est mort lors de violents affrontements le 26 octobre 2014 sur le site du chantier de Sivens. Ce décès, conséquence de l'explosion d'une grenade offensive tirée par un gendarme, avait suscité une vive émotion en France et provoqué la suspension du projet.

Deux ans plus tard, l'enquête judiciaire est toujours en cours. Plusieurs gendarmes, dont des responsables, ont été entendus, selon des sources proches du dossier. La défense de la famille de Rémi Fraisse n'a eu de cesse d'exiger que la hiérarchie soit auditionnée.  

Le 18 mars 2016, le gendarme qui a tiré la grenade offensive présumée responsable de la mort de Rémi Fraisse a été placé sous le statut de témoin assisté, ce qui écarte en l'état son renvoi devant un tribunal.  Un rapport de l'Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) a blanchi le gendarme en décembre 2014. Il estime que les avertissements nécessaires ont été effectués avant le lancer de la grenade. Quant au projet de barrage, il a été abandonné. Une autre version, réduite de moitié, est à l'étude

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