A qui ouvrir sa porte, a-t-on le droit de dire non... ? Ce qu'il faut savoir sur la campagne de recensement qui commence aujourd'hui

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TOC TOC TOC - A partir de ce jeudi 18 janvier et jusqu'au 24 février, l'un des 24.000 agents recenseurs de l'Insee peut frapper à votre porte. Avant de leur ouvrir, LCI vous explique tout ce qu'il faut savoir sur cette campagne.

Si vous habitez une commune de moins de 10.000 habitants, vous avez une chance sur cinq de recevoir la visite d'un agent de l'Insee : le recensement y a lieu de façon exhaustive tous les cinq ans. Du 18 janvier au 17 février, 7.000 communes seront ainsi passées au crible cette année (à noter qu'à La Réunion, le recensement aura lieu du 1er février au 10 mars). Pour les près de 1000 communes de plus de 10.000 habitants, qui seront sondées jusqu'au 24 février, c'est un peu plus complexe. Le recensement y est en effet effectué tous les ans, mais sur seulement 8% des logements, l'échantillon changeant chaque année. Pour savoir si vous êtes concerné, surveillez votre boîte aux lettres, vous serez informé de la visite de l'agent recenseur par courrier. Ou tapez le nom de votre commune dans le moteur de recherche dédié sur le site www.le-recensement-et-moi.fr .

A qui j'ouvre ma porte ?

L'agent recenseur doit disposer d’une carte tricolore officielle avec sa photo d’identité, signée par le maire de votre commune. "Toute personne recensée est en droit d’exiger la présentation de cette carte et peut aussi vérifier son identité en contactant la mairie", indique le site service-public.fr . Une fois la porte ouverte (en cas d'absence, l'agent recenseur laisse un avis de passage), on vous remet les documents à remplir ou la notice sur laquelle figurent les identifiants pour se faire recenser en ligne. Pour les adeptes de la version papier, l'agent convient d'un rendez-vous afin de venir récupérer les imprimés quelques jours plus tard (ceux-ci peuvent également être directement envoyés à la mairie ou à l'Insee). Si vous avez besoin d'aide pour compléter le questionnaire, vous pouvez faire appel à lui : il est tenu par le secret professionnel.

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Quelles questions vous pose-t-on ?

Plusieurs documents sont à remplir : une feuille de logement où l'on doit renseigner des informations sur son habitation (surface, année de construction...) ainsi qu’un bulletin individuel pour chaque personne y résidant. "Quelle est votre nationalité ?", "Quelle est votre état matrimonial légal ?", "quels diplômes avez-vous ?"... A noter que cette année, le questionnaire a été légèrement modifié pour mieux appréhender les familles recomposées. Ainsi par exemple, de nouvelles questions permettent de savoir si un enfant qui vit dans un logement est celui du couple qui y habite ou seulement de l'un de ses deux membres, et en cas de séparation et de garde alternée, de renseigner la répartition du temps de présence dans chacun des foyers des parents.

Le recensement par Internet, ça change quoi ?

Après avoir été testée pendant plusieurs années par l'Insee, la possibilité de répondre par Internet avait été pour la première fois généralisée à toutes les personnes recensées en 2015. "C'est avant tout un service important rendu à la population, nous assurait alors Fabrice Lenglart, le directeur des statistiques démographiques et sociales de l'Insee  : cela offre un confort pour répondre aux enquêtes". Du côté de l'Insee, ajoutait-t-il, "cela représente un certain nombre d'économies de coût et c'est plus écologique. Une opération annuelle de recensement, ce sont tout de même 14 millions de bulletins collectés". "Les questionnaires incomplets sont moins nombreux par internet qu'avec les documents papier", car ainsi "les habitants ne répondent qu'aux questions qui les concernent", fait aussi valoir Valérie Roux, cheffe du Département de la démogragraphie à l'Insee, dans le dossier de presse présentant l'enquête 2018. En 2017, 54% des personnes recensées ont répondu par Internet.

A-t-on le droit de dire non ?

Vous avez le sentiment d'être fiché ? Vous êtes quand même tenu de répondre. Le recensement est en effet rendu obligatoire par l'article 3 de la loi n° 51-711 du 7 juin 1951 , qui prévoit que les personnes questionnées sont tenues de se plier aux enquêtes statistiques déclarées comme telles par l'administration. Les récalcitrants peuvent être mis en demeure de remplir les questionnaires par une lettre recommandée envoyée par le maire. Une amende de 38 euros est même prévue par la loi. Ceci dit en pratique, de telles procédures ne sont quasiment jamais lancées. "Les taux de réponse sont excellents, nous avons tous les ans 97% des personnes qui répondent au niveau national", soulignait Fabrice Lenglart lorsque nous l'avions interrogé.

Quelle est la marge d'erreur ?

En 2012, le Monde avait publié un article intitulé "polémique sur la nouvelle méthode de l'Insee" , dans lequel des chercheurs s'interrogeaient sur la fiabilité des chiffres du recensement depuis l'introduction, en 2004, de sondages dans les villes de plus de 10.000 habitants. "Il y a parfois des incompréhensions à ce sujet, nous expliquait ensuite Fabrice Lenglart. L'imprécision liée à cette partie réalisée par sondage est, sur le total de la population, de l'ordre de plus ou moins 15.000 personnes. Mais cette marge d'aléatoire est largement compensée, en terme de qualité d'opération sur le terrain, par le fait que le recensement est désormais réalisé de façon pérenne, tous les ans et par les mêmes équipes." Les démographes, poursuivait-il, "considèrent en général qu'un recensement exhaustif précis à 1% près est déjà un très bon recensement. Le recensement français est selon moi au moins aussi bon que cela."

A quoi ça sert ?

L'information collectée permet d'établir la population dite "légale" d'une commune. Ce sont ces chiffres qui vont par exemple servir à déterminer le nombre de ses conseillers municipaux ou les moyens que lui accorde l'Etat, de savoir s'il y a besoin d'y créer des écoles, des hôpitaux, des maisons de retraite... Y répondre est donc un acte civique.

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