A quoi ressemblera le premier centre de déradicalisation ?

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EXPÉRIMENTATION - Une dizaine de jeunes radicalisés vont rejoindre le château de Pontourny (Indre-et-Loire) ce mois-ci, pour suivre un programme de déradicalisation. A terme, le gouvernement souhaite ouvrir la même structure dans chaque région.

C’est au château de Pontourny, à Beaumont-en-Véron, une petite commune de 3000 habitants située à 50km de Tours, que s’ouvrira le premier centre de déradicalisation français. Ou plutôt, un "centre de prévention, d'insertion et de citoyenneté" (CPIC). Piloté par le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), ce centre expérimental a été mis en place dans le cadre du plan contre la radicalisation et le terrorisme de Manuel Valls.

Quel sera le programme ?

Trente places ont été aménagées, mais à peine une dizaine de pensionnaires majeures y seront installés. De jeunes adultes répondant tous aux critères de sélection, lesquels sont d’être "âgé de 18 à 30 ans", être "volontaire" et "ne pas être fiché S". En outre, les pensionnaires du Chatêau de Pontourny seront des jeunes signalés par leurs parents pour radicalisation, mais pas forcément des candidats au djihad. "L'Etat a l'ambition de mettre en place une structure de réinsertion spécifique proposant à des jeunes majeurs un accompagnement psychologique, médico-social et éducatif", indique le ministère de l’Intérieur sur son site Internet. 


Au programme de leur journée : levée de drapeau chaque matin, atelier de déradicalisation, entretien avec des psychologues... Le tout en uniforme sous la surveillance d’une équipe de 30 personnes. Si l’ouverture de ce premier centre est une première, un autre pouvant accueillir des cas plus graves devrait ouvrir avant la fin de l’année 2016. 

Nous avons peur des intrusionsUn membre de l'association "Radicalement digne de Pontourny"

Les riverains, eux, s’inquiètent. Selon France Bleu, les habitants de la commune, inquiets pour leur sécurité, manifesteront ce mardi contre ce projet gouvernemental. Des membres de l'association "Radicalement digne de Pontourny", expliquent, eux dans La Nouvelle République,  avoir "peur des intrusions, peur de devenir des cibles". "Va-t-il falloir nous barricader chez nous par crainte des gens qui pourraient venir de l'extérieur ?", interrogent-ils. Mais à terme, le gouvernement voudrait en ouvrir un par région. 

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