175.500 manifestants : mobilisation en recul pour les anti-pass sanitaire

Une mobilisation en baisse pour les opposants au pass sanitaire. Ils étaient 175 000 à manifester en France pour le sixième samedi consécutif. Et une nouvelle figure de proue : le professeur Didier Raoult, poussé vers la porte de son institut à Marseille.

MOBILISATION - Ce samedi, 220 manifestations ont eu lieu en France contre le pass sanitaire, rassemblant plus de 175.500 participants. Un chiffre en baisse par rapport au samedi précédent, au cours duquel presque 215.000 personnes avaient défilé.

À l'approche de la rentrée, les opposants au pass sanitaire ont manifesté pour le sixième samedi consécutif en France. Vent debout contre l’extension de ce nouvel outil nécessaire depuis le 9 août pour accéder à divers lieux publics, de nombreux manifestants rejetaient aussi farouchement l'obligation vaccinale pour certaines professions, ainsi que la vaccination des enfants et adolescents. 

Selon le ministère de l’Intérieur, le dernier bilan à 19h faisait état de 220 manifestations et 175.503 participants à travers le pays. Un chiffre en recul par rapport à la semaine passée : samedi dernier, les autorités avaient recensé 214.845 manifestants, un bilan lui-même en légère baisse par rapport à la semaine précédente. La mobilisation retrouve un niveau similaire à celle du 24 juillet, quand 161.000 personnes étaient descendues dans la rue. 

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Le pass sanitaire, nouvel outil du quotidien

Le collectif militant Le Nombre Jaune, qui publie un décompte ville par ville, a de son côté recensé 357.100 manifestants "minimum" en France, contre 388.843 manifestants la semaine passée.

Les manifestations se sont globalement déroulées dans le calme, avec vingt interpellations enregistrées et un membre CRS légèrement blessé à Marseille, a précisé Beauvau. 

8000 manifestants à Toulon, 9500 à Montpellier

En régions, 160.803 manifestants se sont rassemblés, en particulier dans certaines villes du Midi. Et ce, malgré une fréquentation en baisse à Toulon, où 8000 personnes ont défilé selon l’Intérieur, bien loin derrière le rassemblement de 22.000 manifestants samedi dernier - l’un des plus importants dans l'Hexagone depuis le début de la mobilisation. 

À Montpellier en revanche, le nombre de protestataires a grimpé : 9500 personnes se sont rassemblées selon la préfecture de l’Hérault, contre 7500 la semaine passée. Une violente bagarre a éclaté entre antifascistes et des militants de la Ligue du Midi, mouvement régionaliste d'extrême droite, avec des jets de bouteilles et de planches en bois, a relaté France Bleu. Plusieurs personnes ont été blessées dont une à la tête. 

À Marseille, où 4000 manifestants ont été décomptés, la foule s'est rendue devant l'institut hospitalo-universitaire (IHU) en maladies infectieuses dirigé par le professeur Didier Raoult. Dans le reste de la moitié sud, plusieurs milliers de personnes ont défilé : 2500 à Aix-en-Provence, 3400 à Bordeaux (contre 4300 la semaine passée et 5500 le 31 juillet dernier), 3400 à Toulouse, 3000 à Bayonne et 2500 à Nice. 

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Dans le centre-ville de Pau, commune de 77.000 habitants, quelque 2700 personnes ont manifesté dans la matinée, dont une des figures emblématiques du mouvement des Gilets jaunes, Jérôme Rodrigues. Une mobilisation semblable à celle des week-ends précédents, selon Sud-Ouest.

Dans le reste du territoire, 3200 personnes ont manifesté à Lille, tandis qu'on comptait 4100 manifestants à Strasbourg, 2300 à Nantes, 2000 à Caen ou encore 1800 à Nancy. À Lyon, entre 2000 et 2500 personnes ont défilé dans le cadre de la manifestation déclarée en préfecture, selon franceinfo. 

Hors métropole, 2600 personnes se sont réunies à La Réunion selon les forces de l'ordre. Un chiffre divisé par deux par rapport au samedi précédent.

Mobilisation en hausse, "l'exception" parisienne

La capitale fait exception au déclin global de la mobilisation, avec un nombre de manifestants en progression : les quatre cortèges parisiens ont rassemblé quelque 14.700 protestataires, contre 13.9000 une semaine plus tôt. Deux cortèges étaient à l'initiative de collectifs de Gilets jaunes, l'un au départ de la place du Châtelet et l'autre aux abords du ministère de la Santé à midi, et un autre à l'appel de Florian Philippot, chef de file des Patriotes. 

L’ex-numéro 2 du Front national a d’ailleurs "dédié" la manifestation à son appel au professeur Didier Raoult alors que le slogan "Touche pas à Raoult" apparaissait parmi les drapeaux français. Un soutien qui fait suite aux déclarations du directeur-général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) qui ne souhaite pas reconduire l'infectiologue de 69 ans, promoteur d'un traitement très controversé des malades du Covid-19, à la tête de l'IHU Méditerranée Infection.

Le pass sanitaire a été étendu depuis lundi à plus de 120 grands centres commerciaux et magasins de région parisienne et de la moitié sud de la France, tandis que restaurants, cafés, salles de spectacle et de sport l’imposent également. Pour accéder à ces lieux publics, il faut se munir d'une preuve de vaccination complète, d'un test antigénique de moins de 72 heures ou d'une preuve de contamination au Covid-19 dans les six derniers mois. 

Vendredi soir, près de 2100 malades du virus étaient toujours hospitalisés en soins critiques en France, les situations étant très contrastées d'une région à l'autre. Le CHU de Guadeloupe bat le rappel de tout son personnel et selon un communiqué du préfet de région, "60 décès supplémentaires sont à déplorer" depuis lundi. Vendredi, le Premier ministre en déplacement au Centre hospitalier d'Étampes, en Essonne, y avait souligné qu'aucun des cinq malades admis en réanimation n'était vacciné, y voyant "la preuve par l'exemple"

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