A Saint-Malo, si vous avez trop bu, en plus de l’amende, il faudra payer pour les policiers qui vous ont interpellé

A Saint-Malo, si vous avez trop bu, en plus de l’amende, il faudra payer pour les policiers qui vous ont interpellé

DirectLCI
BRETAGNE - A l’amende classique pour ivresse sur la voie publique, il faut désormais ajouter un forfait, correspondant à la mobilisation de policiers municipaux pour conduire l’interpellé à l’hôpital puis en cellule de dégrisement.

Faut-il en déduire que les Malouins boivent plus que les autres ? Que l’ivresse sur la voie publique est un fléau d’une ampleur toute particulière dans la cité des corsaires ? En tout cas, la ville de Saint-Malo en Bretagne vient de créer une nouvelle amende pour ceux qui se font attraper dans un état d’ébriété un peu trop prononcé. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2018.


La décision avait été prise à la mi-novembre par le conseil municipal : il s’agit d’ajouter, à la traditionnelle contravention de seconde classe pour ivresse publique manifeste, un forfait de 120 euros, qui correspond au coût de prise en charge de l'interpellé par la police municipale. Cette somme est donc ajoutée à la contravention classique, qui est elle-même comprise entre 35 et 150 euros. Ce qui fait donc, si vous vous faites interpeller, une somme de 270 euros à ajouter aux dépenses de votre soirée alcoolisée.

C'est Orléans qui a lancé le mouvement

Les services de police de la Ville justifient cette décision – salée – par le fait que chaque interpellation nécessite "le gel d’une patrouille et d’au moins deux fonctionnaires sur une durée d’une heure à une heure trente et génère des frais de transport représentant un coût important pour la collectivité", rapporte Ouest-France. Et si la durée d’interpellation est si longue, c’est parce que les forces de l’ordre ont l’obligation d’amener à l’hôpital la personne, afin d’obtenir un certificat de non hospitalisation, avant de la conduire en cellule de dégrisement. La décision a aussi des ambitions pédagogiques : à Saint-Malo, les mineurs sont de plus en plus nombreux à être interpellés, ont entre 13 et 14 ans, et la mesure vise aussi à responsabiliser les parents. 


Saint-Malo n’est en fait pas la première ville à appliquer ce genre de facturation. C’est Orléans qui, la première, a mis en place ce principe en 2015. Cette décision a d’ailleurs été examinée par la cour d’appel de Nantes au printemps dernier, qui l’a jugée valable. Les villes s’appuient notamment sur l’article L3341-1 du Code de la Santé publique, indiquant qu’une personne "trouvée en état d’ivresse dans les lieux publics est, par mesure de police, conduite à ses frais dans le local de police ou de gendarmerie le plus proche ou dans une chambre de sûreté, pour y être retenue jusqu’à ce qu’elle ait recouvré la raison".

Je suis d'accord pour une amende, mais 270 euros c'est cher payé !Mylène, sur Facebook

Si la justice dit oui, donc, le cœur des internautes balance. Sur la page Facebook de l'agence locale de Ouest-France à Saint-Malo, il y a ceux, comme Mylène, qui s’insurgent, et voient "la mort des bars et des restaurants" : "270 euros c'est cher payé quand même !", écrit-elle. "Si une personne qui habite dans la ville et va dans un bar dans le centre-ville et rentre chez lui à pied, en gros si il croise les flics il se paye 270 euros d'amende ? Parce qu'il rentre chez lui à pied et qu'il a bu ? C'est tendu quand même !" Pour l'internaute, "ça va pousser les gens à prendre le véhicule", à moins "qu'ils mettent en place des transports gratuits la nuit, ce qui permettrait peut-être au mauvais buveur de ne pas traîner dans la rue et agresser des gens... Je suis mitigée : je suis d'accord pour une amende, mais 270 euros c'est cher payé !"


D’autres qui nuancent, comme Chris : "C'est pour ceux qui vu leur état, seront ramassés et conduits aux urgences et en cellules !" D’autres qui sont d’accord avec la mesure : "Il était temps ! Oui, l’ivresse est interdite, cette interdiction est affichée partout, et cause des tas de dégradations, de violences et même de décès )à cause d’accidents et de bagarres." Enfin, d’autres en rigolent... voyant tout de suite la manne financière de la ville : "Vous pensez qu'il y a une majoration pour ceux qu'on doit repêcher dans bassin Vauban (le port, ndlr) ?", rigole Marie. "En tous les cas ils vont faire du pognon l'été.... Et pendant la prochaine Route du Rhum (crouse de bateaux, ndlr), les PV tomberont comme des petits pains ... !"

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter