"A vendre, plaque de beurre, à peine entamée. Pas sérieux s'abstenir" : face à la pénurie de beurre, la résistance s'organise (avec humour)

Société
REVUE DE TWEETS - Depuis environ un mois, une pénurie de beurre touche de nombreux supermarchés notamment dans l'ouest de la France. En cause, une hausse de la demande et une guerre des prix. Les internautes en rigolent... pour l’instant.

Des rayons vides. Désespérément vides.  Le beurre manque dans des dizaines de supermarchés en France. La pénurie a commencé il y a environ un mois, mais commence réellement à se faire sentir en ce moment dans les rayons. 


En cause, une hausse de la demande dans les pays développés comme dans les pays en développement due à un retour en grâce de la matière grasse animale, après 30 ans de dédain de la part des nutritionnistes, mais aussi un goût prononcé pour les viennoiseries françaises au beurre, notamment en Chine.

 Enfin, la guerre des prix  entre les fabricants et les grandes surfaces participent aussi de cette pénurie. Car face à l'explosion de la demande, la production laitière est en baisse, en Nouvelle-Zélande, plus gros exportateur mondial de lait, ainsi qu'en Europe, où la fin des quotas laitiers il y a deux ans avait provoqué une surproduction et donc une chute des cours poussant les éleveurs à réduire leurs tonnages. En conséquence, les prix ont explosé : payé 2.500 euros la tonne en avril 2016, les cours du beurre ont atteint 7.000 euros la tonne l'été dernier.


La hausse a touché de plein fouet l'industrie agroalimentaire qui a vu ses coûts exploser mais n'a pas pu pour autant les transférer dans la grande distribution, qui fixe les prix annuellement. 


Forcémenent, une telle situation n'a pu que susciter les commentaires des internautes, sur Twitter. Stoïques face au manque qui commence à se faire sentirj, certains préfèrent traiter ça par l'humour...

Un véritable marché noir s'organise...

Il y a ceux qui en profitent pour faire leur beurre (dans tous les sens du terme)...

Mais le moment est grave : plus de beurre, et c’est tout un pan de la culture française qui disparaît...

Heureusement, la résistance s’organise. Sur Twitter, tout se passe autour du hashtag #penuriedebeurre

Et forcément sans surprise, ce “beurregate”, fait ressortir le bon vieil affrontement entre tenants du beurre doux et forcenés du beurre salé. De vrais débats s’installent. Des sondages se lancent. Le constat est sans appel.

Débat qui donne prétexte à de vraies questions philosophiques : qu'est-ce que du beurre, au fond ? Qu'est-ce qui fait son identité, son caractère, sa particularité ? Chacun a sa réponse. Et forcément, personne n'a la même.

Derrière tout ça, ne nous le cachons pas , le lobby breton est très actif et sait comment frapper... Jamais ils ne plieront, c'est sûr.

En vidéo

Faut-il s'inquiéter d'une pénurie de beurre ?

Blague à part, cette perte de matière première a de vraies et importantes conséquences sur le terrain. Ne serait-ce que sur les croissants, qui peuvent, certes, être fabriqués avec de la margarine, mais "ce n'est pas possible sans dégrader la valeur gustative des produits", selon Mathieu Labbé, délégué général de la Fédération des entreprises de boulangerie. Dans certaines entreprises, des salariés peuvent se retrouver au chômage technique. Comme au sein de la PME Pâte Feuilletée François, dans le Cher qui est passé à 30% de ses capacités de production depuis trois semaines.


Les producteurs laitiers français, eux, ne bénéficient que très peu de cette envolée des tarifs du beurre, qui ne contribue pas à une hausse significative des prix du lait. Pire, en augmentant le volume de lait produit pour fabriquer plus de beurre avec la matière grasse, il risque de leur rester sur les bras une grande quantité de poudre de lait, déjà en surproduction dans l'Union européenne.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Les enjeux de la crise du lait

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter