Abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : que va-t-il se passer maintenant ?

PLAN B –Edouard Philippe a annoncé ce mercredi 17 janvier l’abandon définitif du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ainsi que la modernisation de ceux de Nantes-Atlantique et de Rennes. À quoi faut-il s’attendre ? Éléments de réponse.

La fin d’un vieux serpent de mer. Après 50 ans de tergiversations, le gouvernement a annoncé mercredi par la voix du Premier ministre que le projet de construction d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes "sera abandonné" car les "conditions" de sa mise en œuvre "ne sont pas réunies". Confirmant l’information révélée quelques instants plus tôt par le président du syndicat mixte aéroportuaire, Edouard Philippe a également indiqué que les aérogares de Nantes-Atlantique et de Rennes allaient être modernisées et agrandis, sans compter un développement du réseau ferré, qui doit notamment permettre de mieux rallier Paris et sa région. 

À quoi faut-il s’attendre concrètement ? Que va-t-il advenir de la ZAD et des terres occupées ? Comment l’exécutif entend-il procéder ? De Loire-Atlantique en l’Ille-et-Vilaine, de Notre-Dame-des-Landes à Rennes en passant par Nantes, tour d’horizon du plan des autorités pour la suite des événements. 

À Notre-Dame-des-Landes

S’il a confirmé l’abandon attendu ces dernières semaines du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement compte toujours évacuer la ZAD, "zone de non-droit" selon Edouard Philippe. Le Premier ministre a déclaré vouloir "y mettre fin" ces prochaines semaines. "Les trois routes qui traversent le site de Notre-Dame-des-Landes doivent maintenant être rendues à la libre circulation pour tous. Les squats qui débordent sur la route doivent être évacués, les obstacles retirés, la circulation rétablie. A défaut, les forces de l'ordre procéderont aux opérations nécessaires", a-t-il souligné, laissant aux "squatters" jusqu’au printemps pour partir. 


Objectif : permettre aux personnes expulsées dans le cadre du projet de revenir. "Conformément à la loi, les agriculteurs expropriés pourront retrouver leurs terres s'ils le souhaitent. Les occupants illégaux de ces terres devront partir d'eux-mêmes d'ici le printemps prochain ou en seront expulsés", a poursuivi Edouard Philippe. Aucune précision n’a en revanche été donnée la renégociation à venir du contrat signé avec Vinci fin 2010 – et la potentielle indemnisation de 350 millions d’euros – pour la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’entreprise s’est en tout cas dite "plus que jamais (…) à disposition de l’Etat".  

À Nantes

Finalement retenue, l’alternative de l’aménagement de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique se fera en deux temps. D’abord modernisée, dans des "délais rapides" d’après Edouard Philippe, la structure actuelle de l'aérogare devrait ensuite voir sa piste être rallongée sans qu’une date butoir ait été annoncée. Ce prolongement est censé réduire les nuisances sonores à Nantes. Ce projet doit permettre d'accueillir 9 millions de passagers et 80.000 mouvements d'avions à horizon 2040 mais reste jonché d'incertitudes. "Rallonger la piste en tant que tel prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge un élu partisan de cette option. Une version contestée par les élus favorables à Notre-Dame-des-Landes, selon qui "on repart pour dix ans".

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Les avantages et les inconvénients du réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique

Pas d’accord sur la durée, les deux "antis" et les "pros" ne le sont pas non plus sur le coût. Les médiateurs ont chiffré entre 365 et 460 millions d'euros le réaménagement de Nantes-Atlantique, prolongement du tramway jusqu'à l’aéroport compris. Une estimation qui ne tient pas compte du coût d'une éventuelle indemnisation versée par l’État à Vinci. Les opposants à cette option parlent, eux, de "plus d’un milliard d’euros" d’investissements. 

À Rennes

Afin d’absorber la croissance attendue du nombre de passagers transitant par le Grand Ouest, Edouard Philippe a indiqué qu’une partie du trafic pourrait être envoyé vers l’aéroport de Rennes. Une alternative qui verra le jour "si la région (propriétaire du site, ndlr) le souhaite", a précisé le Premier ministre. Accueillant environ 700.000 voyageurs par an, l’aéroport de Rennes Saint-Jacques devrait être agrandi. Comme le souligne Ouest-France, la plateforme, "qui se développe déjà à grande vitesse depuis plusieurs années", pourrait voir son but d’un million de passagers – prévu pour 2025 – "atteint encore plus rapidement". 


Le chef du gouvernement s’est ainsi engagé à "garantir que Brest, Nantes, Rennes disposent de liaisons faciles avec les autres métropoles européennes, et de mettre en place des liaisons rapides avec les hubs longs-courriers internationaux".

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