Souffrance animale : vers un contrôle vidéo obligatoire dans les abattoirs ?

Souffrance animale : vers un contrôle vidéo obligatoire dans les abattoirs ?

MALTRAITANCE ANIMALE - Après trois mois de travail, les 30 députés de la commission Falorni sur les conditions d'abattage des animaux viennent de rendre leur copie. Parmi leurs propositions : installer des caméras dans les endroits critiques des abattoirs, renforcer les contrôles ou encore introduire de nouvelles techniques pour l'abattage rituel.

"Interdire l'abattage des animaux sans étourdissement préalable." C'est ce que demande l'association L214, qui milite pour le bien-être animal, dans une pétition lancée ce mardi, le jour même où des députés rendent leurs conclusions sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs.

Créée au printemps dernier après la diffusion, par cette ONG, de plusieurs vidéos de canetons broyés, des bovins ou encore des porcs saignés encore conscients, la commission d'enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie vient de rendre public un rapport épais de 255 pages. Quelque 65 propositions visant à améliorer le bien-être des bêtes, mais aussi celui des salariés des abattoirs y sont formulées. 

Généraliser la vidéosurveillance

Mesure phare des travaux de cette commission : rendre obligatoire le contrôle vidéo dans les abattoirs, en installant des caméras partout où des animaux vivants sont conduits et mis à mort. Si les principaux syndicats agricoles s'y sont toujours opposés, les associations de protection des animaux, elles, exigent davantage de transparence sur le fonctionnement des abattoirs. Une demande également formulée par les éleveurs. 

Les images seraient visibles, sur demande, par les services vétérinaires, les directions d’abattoirs, voire les syndicats, mais pas par les associations, selon les propositions de la commission. 

Renforcer les contrôles

Autre préconisation, la présence obligatoire, dans les abattoirs de plus de 50 salariés, d’un agent vétérinaire aux postes d’étourdissement et de mise à mort. Objectif : "mettre fin au sentiment de quasi-impunité de certains opérateurs". Le document propose une requalification des actes de malveillance en délit, en cas de récidive. 

Aussi, le contrôle renforcé doit passer par "une plus grande ouverture aux associations, un droit de visite des parlementaires et la mise en place de comités locaux de suivi de site rassemblant toutes les parties", avance le président de la commission, le député de Charente-Maritime Olivier Falorni. 

La question sensible de l'abattage rituel

Enfin, le rapport se penche sur la question sensible de l’abattage rituel, hallal ou casher. Actuellement, la loi autorise, au nom de la liberté des cultes, la mise à mort sans étourdissement préalable. Les députés proposent d’introduire deux nouvelles techniques : l’étourdissement réversible – qui ne provoque pas la mort de l’animal – et l’étourdissement post jugulation, qui rend les animaux inconscients quelques secondes après la saignée. Ce que refusent, pour l'heure, les responsables des cultes juif et musulman. 

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