Abdelghani, frère de Mohamed Merah, entame une marche "pour le vivre ensemble et pour cette jeunesse déboussolée"

Abdelghani, frère de Mohamed Merah, entame une marche "pour le vivre ensemble et pour cette jeunesse déboussolée"
SOCIÉTÉ

MESSAGER - Cinq années après les tueries de son frère, Abdelghani Merah a décidé de sillonner la France à pied pour sensibiliser la population quant à la montée de l'intégrisme religieux et de prôner un message d'union.

Il a enfilé une bonne paire de basket. Parti seul de Marseille il y a une semaine, Abdelghani, l'aîné de la fratrie Merah, a dénoncé en 2012 les actes de Mohamed et la radicalisation de son autre frère, Abdelkader, qui sera jugé en octobre prochain pour complicité dans les assassinats de son cadet. "Je sais que mon frère a traumatisé la France en 2012 en pleine campagne présidentielle. Je vais essayer cette année de faire entendre la voix d'un autre Merah", a-t-il déclaré à l'AFP.

Lire aussi

Il compose le 115

Quand il ne compose pas le 115 (Samu social), Abdelghani, qui marche 25 à 40 kilomètres par jour, dort à la belle étoile. Parfois, il est logé par le réseau "la Brigade des mères" ou l'association Forces laïques qui le soutiennent. "Je comprends qu'on puisse avoir des préjugés parce que c'est le frère Merah, mais lui qui a vécu au milieu du terrorisme est tellement bien placé pour en parler. Et aujourd'hui, on attend quoi ? Le prochain attentat ? Il faut qu'on prenne conscience qu'il y a Marine Le Pen qui monte", estime Nadia Remadna, fondatrice de la "Brigade des mères". "On le soutient dans son combat pour dénoncer l'islamisme radical", surenchérit Céline Florentino de Forces laïques.

L'affaire Théo donne des armes aux prédicateurs pour cracher sur la France- Abdelghani Merah

"Je marche pour le vivre ensemble, contre les discriminations et pour cette jeunesse déboussolée. Et puis l’affaire Théo, ça donne des armes aux prédicateurs pour cracher sur la France ", prévient Abdelghani Merah, qui espère être reçu à Paris par le ministre de la Justice. 

Le messager, qui emprunte le même parcours que la "marche des Beurs" de 1983 est sans domicile mais, aussi, sans travail. La semaine prochaine, il sera de passage dans le quartier des Minguettes à Vénissieux d'où étaient originaires certains "marcheurs" de 1983. "Je suis d'accord pour le recevoir, mais cette marche, je ne vois pas ce que ça va changer. Il y  a eu deux marches, une en 83, une en 2015, mais le gouvernement a abandonné les quartiers", estime Arbi Rezgui, un des marcheurs de 83. Le 15 octobre 1983, une vingtaine de personnes partaient dans l'indifférence générale de Marseille. A leur arrivée à Paris, 100.000 personnes les avaient rejoints.

Lire aussi

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent