Accès à l'université : fin du tirage au sort, "un milliard d'euros sur cinq ans"... les annonces du gouvernement

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RÉFORME - Fini le tirage au sort dans les filières les plus engorgées. Le gouvernement, qui s'est engagé à réformer l'accès à l'université, a présenté ce lundi sa réforme de l'accès à l'enseignement supérieur. Retour sur ce qui a été annoncé par Edouard Philippe et Frédérique Vidal.

Le gouvernement s’y est engagé. Il va bouleverser les conditions d’accès à l’université. La réforme a été présentée ce lundi 30 octobre par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal et le ministre de l'Education nationale Michel Blanquer. Parmi les grands chantiers, la refonte du système d’admission post-bac ABP et la remise en cause du système de tirage au sort. A la fin de l’année scolaire 2016-2017, la plateforme avait suscité de nombreuses critiques. En cause : plusieurs milliers de bacheliers n’avaient toujours pas d’affectation fin septembre. 

Les voeux APB remplacés

Le projet prévoit notamment de mettre fin au classement des vœux sur APB, tant décriés. Jusqu’à présent, les lycéens devaient hiérarchiser leurs choix sans même connaître leurs chances d’accéder à telle ou telle formation. Dorénavant, ils pourront formuler dix voeux au maximum, mais ceux-ci ne devront pas être classés selon un ordre de préférence. Par ailleurs, le gouvernement prévoit une meilleure information des futurs étudiants au niveau "des attendus" de chaque filière. Celles-ci auront ainsi pour consigne de rendre publics leur taux de réussite et d'insection professionnelle.


Au niveau de l'application elle-même, la plateforme devrait devenir "plus simple et plus transparente". Elle s'appelera : "monorientationenligne.fr".

Les lycées donneront leur avis

Si le gouvernement affirme qu’il n’y aura pas de sélection - un casus belli pour les organisations étudiantes - les professeurs et conseils de classes seront tout de même appelés à donner leur avis sur chaque vœu. Ils seront transmis, avec les bulletins de note, aux universités concernées qui pourront les consulter pour appuyer leur choix. Jusqu’alors, les dossiers étaient automatiquement tirés au sort par le système d’admission post-bac sans que les universités aient leur mot à dire. Une sélection qui "ne dit pas son nom", selon la patronne de l'Unef de Lilâ Le Bas, interviewée par LCI.

Une inscription conditionnée à un "parcours spécifique"

S'il y a des places libres dans la filière, il sera impossible à l'université d'y refuser un étudiant. En revanche, elle peut conditionner son entrée à "l'acceptation d'un parcours spécifique" si elle estime que ses "attendus" - en clair, son niveau général - ne sont pas suffisants. Dans son édition du dimanche 20 octobre, Le Parisien évoquait la possibilité d'une remise à niveau obligatoire, qui pourrait alors durer jusqu'à un an. Dans tous les cas, précise le gouvernement, c'est l'étudiant qui aura le dernier mot.

Tous les étudiants seront rattachés au régime général de l'assurance maladie

Afin de "réduire la précarité" des étudiants et leur "redonner du pouvoir d'achat" dès la rentrée 2018, l'ensemble des élèves dans l'enseignement supérieur sera désormais rattaché au régime de l'assurance maladie. Une cotisation étudiante, donnant accès aux services de santé, de bien-être et de culture, sera diminuée de moitié et gratuite pour les boursiers. 

Des moyens supplémentaires

Le Premier ministre Edouard Philippe l'a annoncé ce lundi matin : plus d'un milliard d'euros sera débloqué, au total, pour le compte de l'Enseignement supérieur. Une somme qui se détaille ainsi : 450 millions d'euros pour "accompagner la mise en place de nouveaux cursus" et financer "l'accompagnement personnalité de chaque étudiant". Et 500 millions d'euros, sur cinq ans, afin de créer des nouvelles places dans les filières en tension. Une manière de répondre au pic générationnel a causé l'été dernier le fait que tant de bacherliers sont restés sur le carreau.

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