Accident de Millas : la SNCF teste six radars volumétriques aux passages à niveau

Accident de Millas : la SNCF teste six radars volumétriques aux passages à niveau

Société
BILAN – Plus de deux semaines après l'accident de Guillaume Pepy, le président de la SNCF estime que ce n’est pas à la SNCF de communiquer sur l’accident, mais en tire aussi des leçons. Il a annoncé la mise en test de radars d'un nouveau genres sur six passages à niveau. Mais ceux ci ont une efficacité qui reste incertaine.

Interrogé sur BFM TV ce mardi matin, Guillaume Pepy a fait le point sur tous les chantiers en cours à la SNCF, mais aussi sur les récents incidents qui ont frappé l’entreprise. 


A commencer par le drame de Millas qui a coûté la vie à six enfants mi-décembre. S’il ne veut pas publier le rapport interne, le patron de la SNCF laisse au procureur la liberté de communiquer les informations.

Millas : la SNCF confirme les 9 minutes de retard du TER

Guillaume Pepy a confirmé que le TER qui a percuté un bus scolaire à un passage à niveau de Millas mi-décembre avait neuf minutes de retard. Mais il n’a pas voulu s’étendre sur les détails de l’enquête. Il confirme en revanche l’existence d’un rapport interne de la SNCF sur l’accident qui a été transmis au procureur de la République et à la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Ce rapport ne sera pas publié en raison de l’aspect dramatique des évènements. "Sur les causes et les constats, la SNCF ne s’exprimera pas", a-t-il précisé. "La vérité doit être judiciaire. Ce n’est pas à la SNCF de juger. Toutes les informations doivent passer par le procureur". Celui-ci n’a pas encore réagi.

Des radars volumétriques en test sur six passages à niveau

Selon Guillaume Pepy, la SNCF doit trouver les meilleures solutions pour la traversée des bus aux passages à niveau. "Il faut sans doute multiplier les feux rouges devant les passages à niveau ainsi que les radars pour sanctionner ceux qui ne respectent pas les signalisations", avance-t-il. Il confie que la SNCF travaille actuellement à l’instauration de radars de détection volumétriques qui peuvent repérer un véhicule à l’arrêt sur les rails et couper instantanément l’électricité pour éviter un incident.  Six radars de ce type sont actuellement en testsur des passages à niveau dans toute la France. Mais ils n'auraient pu eviter le drame de Millas"Ça n’aurait servi à rien à Millas car le bus s’est engagé quand le TER arrivait", a lâché le patron des cheminots.  

En vidéo

Collision à Millas : l'avocate des familles réclame "que les expertises aient lieu très rapidement"

Montparnasse : des incidents dus à des retards d’investissement

Guillaume Pepy est aussi revenu sur les incidents qui ont émaillé le mois de décembre à la gare Montparnasse et à Saint-Lazare. "Il y a eu beaucoup d’incidents en décembre. Je comprends que les gens ne comprennent pas ce qui se passe. Ils sont largement dus à un retard dans les investissements sur le réseau classique", reconnaît le PDG. Convoqué le 8 janvier prochain au ministère des Transports, il n’en fait pas tout un cas. "On va travailler ensemble comme tous les jours", s’amuse celui qui est en poste depuis près de 10 ans et a survécu à trois présidents de la République. S'il n’entend pas démissionner d’ici à 2020 et la fin de sa mission, il ne cache pas que c'est à la ministre de décider de son avenir.

En vidéo

Panne à la gare Montparnasse : la SNCF s'explique

OuiGo : plus de trains et plus de gares

Concernant le réseau, Pepy annonce pour 2018 des crédits inédits pour moderniser et rénover le chemin de fer français avec 5,2 milliards d’euros d’enveloppe. "L’Etat avait lancé beaucoup de chantiers. Moderniser le réseau classique est notre priorité de 2018", explique-t-il tout en mettant aussi l’accent sur les trains OuiGo qui vont être doublés en volume dès cette année. Déjà accessibles depuis les gares de Marne-la-Vallée et Paris Montparnasse, ils devraient aussi s’élancer depuis Paris Gare de Lyon et Gare de l’Est dans les prochains mois. "Donner plus de choix et moins cher", promet-il. La SNCF veut arriver à un tiers de "petit prix", soit moins de 40 € pour un court trajet. "Grâce à OuiGo, nous avons ajouté 7 millions de places à petit prix", se félicite-t-il.


Parmi les autres chantiers, il rappelle l’existence des travaux de construction d’un nouveau RER sous Paris qui relierait la gare Saint-Lazare à Mantes-la-Jolie en passant par la porte Maillot et La Défense. Le but de cette nouvelle ligne est de décharger le RER A. "Un chantier de 4 milliards d’euros équivalent à celui d’un TGV", annonce Guillaume Pepy.

Limiter les retards du quotidien

La SNCF lance une politique "H-00" pour garantir la ponctualité de ses trains. "Notre objectif est de garantir 90 % de départs à l’heure. Les trains quitteront le quai lorsque la trotteuse arrivera sur l’heure annoncée", lance Pepy. L’information voyageurs figure parmi les priorités de 2018 de la SNCF qui veut "mettre le paquet sur les trains de la vie quotidienne". Le wifi devrait être progressivement généralisé dans les TGV, sur certaines lignes de RER et dans les principaux TER. Une nouvelle appli SNCF va voir le jour fin janvier, centrée sur l’aspect collaboratif et l’échange d’informations à la façon de Waze. Des portails anti-fraude seront installés dans les 10 plus grandes gares françaises et selon les demandes en région. Elles empêcheront tout non-détenteur d’un billet d’accéder au train. Pour faciliter l’accès quotidien au réseau, les abonnements Navigo et TER vont aussi être dématérialisés sur les smartphones dès 2018.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Collision mortelle entre un train et un bus scolaire à Millas

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter