Accident du train des Pignes : la 3D au service de l'enquête

Accident du train des Pignes : la 3D au service de l'enquête

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FAIT DIVERS - Au lendemain de l'éboulement d'un rocher qui a provoqué le déraillement d'un train, samedi, dans les Alpes-de-Haute-Provence, les enquêteurs tentent de mieux comprendre les circonstances du drame grâce à une modélisation en 3 dimensions. L'accident a fait deux morts et un blessé grave.

"Un concours de circonstances affreux." C'est en ces termes que le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a qualifiés, dimanche sur RTL, l'accident du train des Pignes survenu samedi matin près d'Annot, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Alors qu'il circulait à une vitesse de 30 km/h sur la liaison de montagne reliant Nice à Digne-les-Bains, le train a été percuté par un rocher de 20 tonnes qui s'est décroché de la falaise, 200 mètres plus haut.

Frappée de plein fouet, l'une des deux rames a basculé dans le ravin, alors que la seconde a été retenue sur les voies par le wagon de tête. Le bilan est lourd : sur les 23 passagers, deux personnes ont été tuées sur le coup (une octogénaire de la région et une touriste russe âgée de 49 ans). Parmi les neuf blessées, l'un se trouve toujours dans un état grave.

La 3D pour reconstituer les événements

Selon les premiers éléments de l'enquête, le matériel ferroviaire ne serait pas en cause : le train était moderne, et les voies avaient été contrôlées le 14 janvier dernier. Le ministre a par ailleurs affirmé que toute erreur humaine était pour l'heure exclue, évoquant une pluviométrie très importante, potentiellement responsable de l'éboulement.

Dimanche soir, des experts de la police scientifique de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) se sont rendus sur place pour procéder "à une modélisation 3D de la scène de l'accident", a précisé le chef d'Escadron, Pierre Barbouteau. Grâce à un laser, les enquêteurs vont pouvoir mesurer tout l'environnement de l'accident avec une précision d'un millimètre et une portée de 200 mètres, permettant un large balayage du site.

Objectif : récolter un maximum de données. Mais, surtout, évaluer la trajectoire du rocher et la position du train au moment de l'impact. Le procédé aura également pour but de déterminer quel était le champ de vision du conducteur à ce moment. Les enquêteurs espèrent ainsi mieux comprendre le déroulé des événements, alors que cette zone n'était pas considérée comme particulièrement dangereuse par les services techniques de la région.
 

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