Accident mortel d'un TGV d'essai en Alsace : un essai peu concluant trois jours avant le drame

Accident mortel d'un TGV d'essai en Alsace : un essai peu concluant trois jours avant le drame

SNCF – Le déraillement d'une rame d'essai du TGV Est en Alsace, qui a fait onze morts et 42 blessés le 14 novembre 2015 aurait-il pu être évité ? Selon Le Parisien, dans un essai organisé trois jours avant le drame, le TGV n'avait pas réussi, à deux reprises, à respecter la vitesse prévue par la feuille de route.

Plus de cinq mois après le dramatique déraillement à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin, d'une rame d'essai de TGV, qui a fait onze morts et 42 blessés, l'enquête a bien avancé. Les enquêteurs ont découvert que trois jours avant l'accident, un test du TGV s'était montré peu concluant. "A deux reprises, le TGV est passé à une vitesse supérieure à celle prévue par la feuille de route", écrit Le Parisien, dans un article à paraître ce lundi.

Dans la cabine, ce jour-là, un salarié refuse de voir l'évidence : "On sera meilleur samedi [jour de l'accident, ndlr], on a bien repéré le terrain", lance-t-il dans un enregistrement, dont Le Parisien s'est procuré la retranscription.

La vitesse, "unique" cause de l'accident selon le BEA-TT

En outre, un cheminot, présent lui aussi dans la cabine le jour du drame, a raconté aux enquêteurs avoir reçu l'ordre, écrit, "d'effectuer les essais à une vitesse supérieure à celle autorisée par le protocole : 360 km/heure au lieu de 352 km/heure", ajoute le quotidien régional.

A la mi-février, une note d'étape du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait estimé que la vitesse était la cause "unique" du déraillement du TGV. L'exploitation des données de l'enregistreur embarqué dans la rame avait en effet permis d'affirmer que l'excès de vitesse constaté était dû uniquement à un déclenchement du freinage trop tardif d'environ douze secondes.

Premier déraillement mortel dans l'histoire du TGV

En cause ? Le supérieur hiérarchique du conducteur, qui se trouvait dans la cabine au moment du drame, aurait demandé à ce dernier de repousser la zone de freinage d’un kilomètre par rapport à la feuille de route établie.

Une décision aux conséquences tragiques : au moment du déraillement, le train circulait à 243 km/h alors qu’il aurait dû rouler à 176km/h. Cet accident, qui s’est produit au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, constitue le premier déraillement mortel dans l'histoire du TGV depuis sa mise en service en 1981.

EN SAVOIR +
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