"On ne s’intéresse pas à l’appareil génital féminin au-delà de son rôle reproducteur" : la dessinatrice Emma s’attaque à l’épisiotomie

SOCIÉTÉ

VIOLENCES DESSINÉES - La dessinatrice Emma s'attaque au sujet des violences obstétricales, au coeur d'une vaste prise de bec entre le secrétariat d'Etat à l'égalité entre femmes et hommes et les médecins.

On n'a peut-être jamais autant parlé des violences obstétricales, des épisiotomies sans consentement et de la violence non nécessaire ressentie par de nombreuses femmes sur la table d'accouchement. La blogueuse féministe Emma, désormais connue pour sa planche de BD sur "la charge mentale", s'est elle aussi saisie du sujet.

Dans un dessin publié sur son blog emmaclit.com et dans son livre "Un Autre regard" (éditions Massot), Emma raconte l'histoire de son amie Cécile qui est tombée enceinte voilà quatre ans. Heureuse et appliquée, elle a minutieusement préparé son accouchement, stipulant aux médecins qu'elle redoutait plus que tout subir une épisiotomie, cette pratique qui consiste à sectionner une partie du périnée pour faciliter l'expuslion du bébé. Nous reproduisons ici quelques planches de la bande dessinée avec l'accord de son auteure. 

Lire aussi

"Le bébé naît, mais Cécile n'est pas heureuse"

L'accouchement de Cécile est long, mais il se passe bien. Pourtant, les médecins en charge de la jeune femme décident de pratiquer sur elle une épisiotomie sans son accord. 

Lire aussi

Treize points de suture plus tard, la jeune maman tombe en dépression. Elle souffre au niveau de sa cicatrice et sa sexualité en pâtit pendant plusieurs semaines. Son histoire n'a rien d'exceptionnel. Si l'on en croit les très nombreux témoignages de femmes qui ont émergé dans la presse ces derniers mois, l'épisiotomie non nécessaire est encore et toujours pratiquée dans certains hôpitaux. 

C'est ce qui a poussé la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, à demander un rapport sur les violences obstétricales au Haut Conseil à l'Egalité, la semaine dernière. Fondée sur un chiffre erroné, son annonce n'est pas passée inaperçue parmi les médecins et les gynécologues, qui estiment leur profession "maltraitée". Le syndicat des sages-femmes, quant à lui, se montre en faveur d'une telle réflexion, qu'il juge "essentielle". 

Quant à Emma, au-delà du débat scientifique sur l'utilité ou non de l'épisiotomie, elle parvient à une conclusion : "La vérité, c'est qu'on ne s'intéresse pas à l'appareil génital feminin au-delà de son rôle reproducteur" écrit-elle. Et de demander aux médecins : "Pourriez-vous prendre conscience du fait que soigner vos patient-e-s, ce n'est pas que les maintenir en vie. C'est aussi, autant que possible, éviter de traumatiser leurs corps et leur esprit". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter