Accueil des migrants : combien cela coûte-t-il à la France ?

Accueil des migrants : combien cela coûte-t-il à la France ?
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CRISE MIGRATOIRE – De "quelques millions" pour Michel Sapin au demi-milliard avancé dans l'opposition, "metronews" s'est intéressé au coût d'accueil des migrants. La France doit en accueillir au moins 24.000 supplémentaires dans les deux prochaines années.

Pour Michel Sapin, l’affaire est déjà réglée. Du moins dans les (très) grandes lignes... Invité de BFMTV mardi, le ministre des Finances a chiffré à "quelques millions" d’euros l’accueil des 24.000 réfugiés supplémentaires qui doivent arriver dans les deux prochaines années, comme l’a annoncé François Hollande lundi. "Nous faisons un geste à la hauteur de la générosité nécessaire", a souligné le ministre, qui a ajouté que "c'est totalement à la mesure de ce que nous pouvons faire", avant de reconnaître néanmoins que l'accueil des réfugiés représentait aussi "un poids". "Quelques millions", donc, sans plus de précisions : une fourchette large.

Plusieurs paramètres à prendre en compte

Pour comprendre le coût de l’accueil des migrants, et donc affiner cette fourchette, il faut prendre en compte plusieurs postes de dépenses. En premier lieu, l’hébergement. Ainsi, en Ile-de-France, dix centres provisoires, dont celui de Cergy-Pontoise, ont été créés pour accueillir une centaine de réfugiés syriens et irakiens, qui sont arrivés ce mercredi d’Allemagne. Chaque jour, l’Etat devra débourser 35 euros par personne pour couvrir les frais de fonctionnement, comme le détaille France 2 dans un reportage.

Ensuite, il y a les aides financières versées aux réfugiés, qui y auront droit lorsqu’ils auront déposé une demande d’asile, précise le site du ministère de l’Intérieur . Deux aides peuvent leur être octroyées. L’ATA, l’allocation temporaire d’attente, est d'une part versée aux demandeurs d’asile ne pouvant être hébergés en centre d’accueil. Elle est valable le temps de l’examen de leur dossier, ce qui peut prendre jusqu’à 2 ans. Montant : 340,50 euros par mois. Lorsque le demandeur d’asile rejoint un centre d’hébergement, l’AMS, l’allocation mensuelle de subsistance, remplace l’ATA. Son montant varie entre 91 et 718 euros par mois, selon les prestations fournies par le centre, les ressources du demandeur d’asile et la composition du foyer familial. Enfin, le coût d’accueil comprend également la couverture maladie ou encore la scolarisation des enfants.

L’estimation très floue du ministre ne convainc pas du tout Roger Karoutchi, sénateur "Les Républicains". Interrogé par metronews, l’élu a avancé ses propres chiffres et estime, lui, le coût à un demi-milliard d’euros : "Je suis à la commission des finances du Sénat et je connais bien ces chiffres. Sur la base d'une population de 40.000 réfugiés, en sachant qu'ils auront accès à la CMU, au RSA et aux dispositifs d'intégration, le coût sera au minimum de 500 millions d'euros en année pleine."

Un coût complexe à mesurer

En avril dernier, un document confidentiel de la Cour des comptes s’alarmait du coût de l’accueil et de l’hébergement des réfugiés en France. Et chiffrait le coût global de l’asile aux alentours de 2 milliards d’euros par an pour environ 66.000 demandes faites en 2013.

En dépit de tous ces indices chiffrés, établir précisément le coût d’accueil d’un migrant reste compliqué, et dépend d’une multitude de paramètres. En Allemagne, le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung l’a établi à 12.000 euros par an. Un chiffre à manipuler avec précaution puisque l’Allemagne accueille plus de migrants – 800.000 sont attendus en 2015 – que la France. Et ce coût ne prend pas en compte la capacité des migrants à créer des emplois et à participer à l’économie du pays , en travaillant et en payant des cotisations sociales ainsi que des impôts.

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