Accusé d'avoir été payé par Bygmalion, Patrick de Carolis porte plainte

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AFFAIRES - L'ancien PDG de France Télévisions aurait touché, selon Le Point, environ 10 % du montant des contrats signés en cinq ans entre le groupe public et Bygmalion. Patrick de Carolis contre-attaque et porte plainte contre l'hebdomadaire.

Patrick de Carolis, victime collatérale de l'affaire Bygmalion ? Alors que Jean-François Copé tente de sauver sa peau devant les caciques de l'UMP, l'ancien PDG de France Télévisions se retrouve à son tour impliqué. Selon Le Point, il aurait en effet touché via sa société 120.000 euros entre 2011 et 2012. Soit 10% des contrats signés en cinq ans entre le groupe public et l'agence de communication. L’ancien présentateur de des Racines et des Ailes, a annoncé mardi via ses avocats son intention de porter plainte pour diffamation contre l'hebdomadaire.

"Les honoraires perçus par la société de conseil de Patrick de Carolis correspondent à des prestations réelles et à un travail effectif", rétorquent ses avocats dans un communiqué. "Patrick de Carolis, à la fin de l’année 2010, alors qu’il n’était plus à la tête de France Télévisions, a été sollicité en qualité de consultant par Bygmalion pendant une période de 6 mois pour certains dossiers ayant un lien direct avec ses compétences, à savoir l’élaboration d’un dossier à l’attention du CSA pour la création d’une chaîne de télévision locale ainsi que la conception de la grille des programmes de cette chaîne. Patrick de Carolis a également été sollicité à l’occasion de la création d’un musée", précisent-ils.

Une mise en examen pour favoritisme

Entre 2008 et 2012, France Télévisions a en effet conclu plusieurs contrats avec Bygmalion. Une société co-fondée par Bastien Millot, à l'époque directeur délégué de la stratégie chez... France Télévisions. Au total, sa société "va recevoir 1,2 million d'euros d'argent public pour des prestations à l'intitulé on ne peut plus flou : "accompagnement stratégique", "préparation d'éléments de langage" ou encore "courrier téléspectateurs"', précise Le Point.

Un dossier brûlant sur lequel la justice enquête depuis plusieurs semaines : depuis le 11 avril, Bastien Millot est mis en examen pour recel de favoritisme dans le cadre de ces "missions de communication". Patrick de Carolis est également mis en examen pour favoritisme. Une décision "parfaitement injustifiée" selon lui, l'ancien PDG assurant à l'époque qu'"à aucun moment, (il n'avait) donné d'ordre contraire aux règles de passation des marchés publics".

"Ce n'est pas au président de France Télévisions de négocier les contrats en deçà de deux millions. Je n'ai pas donné d'accord à Bastien Millot, a par ailleurs déclaré Patrick De Carolis selon le PV d'audition consulté par Le Point. Et l'hebdomadaire de s'interroger malgré tout sur l'existence d'éventuelles rétro-commissions, puisque sa société Patrick de Carolis Consulting et Participations apparaîtrait comme bénéficiaire de plusieurs chèques dans les comptes de Bygmalion.

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