"L’école la moins chère que j’ai trouvée est à 7.000 euros" : recalée d'APB, Maguy, mention Bien au bac, doit revoir ses plans

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DÉCEPTION - À 18 ans et le bac en poche avec mention Bien, Maguy voyait la vie en rose. Cette sportive de haut niveau rêvait d'intégrer une STAPS à la rentrée. Mais comme beaucoup d'autres bacheliers, elle n'a été acceptée nulle part. Elle raconte sa situation à LCI.

Cela fait trois ans que Maguy conserve son titre de championne de France junior d’athlétisme au sein des sapeurs-pompiers, avec qui elle s'entraîne depuis six ans. En parallèle, elle a décroché cette année son bac S, mention Bien. La jeune fille rêvait d’intégrer à la rentrée une licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). Un rêve qui lui semblait accessible en raison de ses efforts. Mais c’était sans compter sur le système des admissions post-bac APB. "J’ai fait une trentaine de vœux en tout. Les profs nous ont conseillé d’en mettre beaucoup pour être sûrs d’être pris quelque part. Mais je n’ai été prise nulle part", nous raconte-t-elle.

Je suis obligée de prendre un prêt étudiantMaguy

Comme près de 5.000 autres élèves, cette bachelière d’Île-de-France se retrouve donc sans formation pour la rentrée. Malgré une lettre envoyée à la rectrice de son académie ainsi qu’au Service Interacadémique des Examens et Concours (SIEC), rien n’y a fait. "Je me suis aussi déplacée à la fac de Créteil, qui était mon premier choix, mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. Que c’était l’algorithme qui décidait." Parce qu’elle ne veut pas faire "d’année blanche", pour ne pas perdre le rythme, Maguy va se tourner vers des écoles privées. "Je suis obligée de prendre un prêt étudiant. Ce n’était pas prévu et pour l’instant, l’école la moins chère que j’ai trouvée est à 7.000 euros l’année." Pour l’aider à rembourser son prêt de 10.000 euros, elle confie que ses parents vont devoir faire des heures supplémentaires au travail.

Tout ça pour rienMaguy

Désemparée, la future étudiante crie aujourd’hui à l’injustice. "C’est assez frustrant d’avoir fait un bac S exprès pour ce que je voulais faire, parce que c’est mieux d’avoir un bac S pour faire STAPS, et de se dire que des élèves de bac pro ou de L prennent ma place. Tout ça pour rien. En plus je me retrouve à faire payer mes parents alors que je ne suis pas du genre à leur demander de l’argent", regrette-t-elle. Mardi la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, affirmait à Franceinfo, que 150.000 places étaient encore disponibles dans les établissements d’enseignement supérieur. Mais selon Maguy, il s'agit plutôt de filières "qui n'intéressent pas grand monde, comme le latin ou le grec". L’année prochaine, elle se réinscrira sur APB pour tenter de décrocher sa formation. Malgré tout, elle ne sera pas prioritaire. 

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