Affaire Haderer : le suspect numéro 1 ne risque plus rien

Affaire Haderer : le suspect numéro 1 ne risque plus rien

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JUSTICE – Un véritable coup de théâtre s'est produit jeudi dans l'une plus grandes énigmes judiciaires de ces trente dernières années. L'homme définitivement acquitté dans l'affaire Nelly Haderer, tuée près de Nancy en 1987, est mis en cause par un échantillon d'ADN. Mais il ne sera pas poursuivi...

"C'est le pire cas de figure qui pouvait nous arriver. En droit pénal, nous n'avons aucun recours possible". Maître Pierre-André Babel, avocat de la famille de Nelly Haderer, cette jeune femme dont le corps découpé a été retrouvé il y a 27 ans dans une décharge près de Nancy, a assisté à un véritable coup de théâtre jeudi.

Un échantillon ADN prélevé sur le jean de cette mère de famille met en cause Jacques Maire, a révélé L'Est Républicain. Mais ce maçon, longtemps suspecté du meurtre, ainsi que de celui d'une autre femme, Odile Busset, a finalement été acquitté en 2008 dans les deux dossiers. Il ne pourra donc plus être judiciairement inquiété : en France, on ne revient pas sur un acquittement.

"Je maintiens que je suis innocent"

"Nous sommes face à une situation qui n'a jamais été prévue par des textes édictés à l'époque où il n'y avait pas d'expertise ADN", nous explique Me Babel. Déterminé à ne pas en rester là, il plaide aujourd'hui "pour une évolution de la loi". Contrairement à la France, plusieurs pays d'Europe ont déjà modifié leur législation pour tenir compte des progrès de la science.

De son côté, Jacques Maire a clamé son "innocence" lors d'une conférence de presse organisée avec son avocate jeudi. "Moi aussi, je veux savoir qui est le coupable. Je n'ai rien à cacher, rien à me reprocher", a déclaré ce père de famille, qui a rappelé qu'il avait fait deux ans de prison "injustifiés" et avait toujours réclamé des analyses ADN. A la question de savoir s'il était à nouveau prêt à se représenter devant un tribunal si la loi changeait, il a répondu: "S'il le faut, pourquoi pas ?" Mais en l'état, il ne risque absolument rien. La loi française ne prévoit pas que des victimes ou leurs familles puissent introduire un recours en révision.

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