Affaire Merah : mis en cause par BHL, Eric Dupond-Moretti lui adresse une réponse cinglante

POLEMIQUE - Accusé par l'écrivain Bernard-Henri Lévy d'avoir vanté avec "outrage" sa défense d'Abdelkader Merah, frère du tueur de Toulouse et de Montauban, l'avocat Eric Dupond-Moretti a livré dans une lettre une réponse particulièrement virulente.

La guerre est ouverte entre Bernard-Henri Lévy et Eric Dupond-Moretti. Ce dernier, avocat d'Abdelkader Merah, condamné à 20 ans de réclusion pour "association de malfaiteurs" lors du procès du frère du meurtrier de Toulouse, a adressé cette semaine une lettre particulièrement violente à l'attention du philosophe. 


Voici le contexte. Au lendemain du procès, dans lequel Abdelkader Merah a évité une condamnation pour complicité d'assassinat, comme le réclamaient les familles des victimes, Eric Dupond-Moretti, sous le feu de certaines critiques, avait justifié son rôle lors d'une interview sur France Inter. Les explications de l'avocat - qui avait invoqué le droit à être défendu, mais aussi comparé le procès Merah à celui des criminels nazis à Nuremberg, estimant que ce dernier avait été "plus digne", ont ulcéré BHL. Dans une tribune au Point, le philosophe a vertement dénoncé le comportement de l'avocat qui, "auréolé de la victoire à la Pyrrhus", "tremblant d'une émotion feinte", avait comparé la mère du tueur Mohammed Merah aux proches des victimes puisqu'elle aussi avait perdu un fils. Une "obscénité" et un "outrage" aux familles, a estimé BHL, fustigeant la "vanité" et les "excès locutoires" de l'avocat. 

"Pompe à merde"

"Il ne manquait que votre plume dans ce débat", lui a rétorqué Eric Dupond-Moretti dans une réponse cinglante adressée le 13 novembre. "La forme est parfaite, comme souvent, mais c'est l'injure qui vous tient lieu d'argument." "Je vous interdis", poursuit l'avocat, "de disserter publiquement sur ma sincérité et ses élans sans même me connaître ; d'ailleurs, lorsque nous nous sommes croisés, vous n'avez pas daigné me saluer, me jetant en offrande le regard condescendant d'un chauffeur de Rolls en gants blancs". Ambiance...

La charge la plus violente est dans la conclusion. Après lui avoir donné des conseils de lecture sur le rôle de l'avocat, Eric Dupond-Moretti conclut ainsi : "Le 3 mai 1936, Magritte a écrit au critique Dupierroux qu'il n'était 'qu'une vieille pompe à merde'. Je n'ai, hélas, ni le talent, ni l'audace de Magritte". 

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