Affaire Merah : une information judiciaire vise la DCRI

Affaire Merah : une information judiciaire vise la DCRI

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JUSTICE – Une enquête judiciaire serait en cours depuis le mois de janvier dans l'affaire Merah. Elle vise la Direction centrale du renseignement intérieure (DCRI) pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non empêchement de crime".

La Direction centrale du renseignement intérieure (DCRI) est dans la ligne de mire de la justice. Deux ans après les tueries de Montauban et de Toulouse qui ont coûté la vie à 7 personnes, on apprend ce mardi que deux juges enquêtent sur la manière dont elle a géré la surveillance de Mohamed Merah avant qu'il ne passe à l'acte. L'information judiciaire a été ouverte en janvier pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non empêchement de crime", selon la chaîne M6 qui révèle l'information .

Cette enquête fait suite à la plainte déposée en septembre par les parents d'Abel Chennouf, un des militaires tués le 15 mars 2012 à Montauban. Elle reproche à la DCRI de ne pas avoir agi pour empêcher Mohamad Merah de passer à l'acte, alors qu'elle connaissait la dangerosité du jeune homme. "Nous voulons savoir qui a pris la décision d'arrêter la surveillance et le suivi de Merah […]. Les familles sont en droit de demander ce qui s'est réellement passé !", a déclaré l'avocate de la famille Chenouf à M6.

La police des polices parlait déjà de "défaillances objectives"

Depuis 2006, les services de renseignement locaux savaient en effet que Merah était proche de la mouvance salafiste de Toulouse. Ils avaient d'ailleurs alerté leur hiérarchie de la nécessité de surveiller le tueur en devenir, sans qu'une suite soit donnée à leurs recommandations. Par la suite, Mohamed Merah s'était rendu en Afghanistan en 2010 avant de partir pour le Pakistan et l'Egypte en 2011.

En octobre 2012, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) avait déjà conclu à des "défaillances objectives". Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait également admis "des erreurs, des failles, des fautes" au sein de la DCRI. La justice devra désormais établir les responsabilités, faute de faire condamner le principal accusé. Le 22 mars, après 32 heures de siège, Merah était en effet abattu dans l'appartement toulousain dans lequel il s'était retranché.

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