Affaire Naomi Musenga : Agnès Buzyn a pris connaissance "d'une dizaine" de cas similaires

SOCIÉTÉ

Toute L'info sur

Mort de Naomi Musenga

AFFAIRE - Sur France Inter, ce jeudi matin, Agnès Buzyn, ministre de la santé a déclaré qu'elle a eu connaissance d'une "dizaine d'affaires" similaires à celle de Naomi Musenga, survenue en décembre dernier. Elle estime par ailleurs que le chiffre est sous-estimé.

L'affaire tragique de Naomi Musenga remonte à décembre dernier mais a explosé au début du mois de mai. Naomi Musenga, une jeune femme de Strasbourg, qui avait appelé le Samu, était décédée à l'hôpital, faute d'une prise en charge rapide de la part du service. L'opératrice qu'elle avait eu au téléphone n'avait pas pris son coup de téléphone au sérieux. 

Malheureusement, ce cas ne semble pas être le seul, comme l'a indiqué Agnès Buzyn, ce matin, dans la matinale de France Inter. Selon elle, une dizaine de cas similaires lui a été remontée depuis qu'elle a demandé des comptes aux différentes agences régionales de santé. 

En vidéo

Le témoignage du frère de Naomi Musenga : "J'ai appris sa mort par texto"

Pour la ministre, le décès de Naomi Musenga "a permis de révéler des dysfonctionnements (...) Aujourd'hui, j'ai connaissance d'une dizaine d'affaires" comparables, "mais je pense que c'est sous-estimé encore", a-t-elle déclaré. Selon elle, il y a nécessité à faire remonter les dysfonctionnements, c'est pourquoi elle a demandé "aux différentes agences régionales de santé, de faire remonter ce qu'elles avaient à leur connaissance", a-t-elle dit dans la matinale de nos confrères. 

"Il y a eu une prise de conscience, je pense, dans les services des Samu de la nécessité de faire remonter les dysfonctionnements, ce qui n'était pas le cas avant", a-t-elle souligné. Elle a indiqué avoir demandé aux médecins urgentistes de lui "donner des procédures" et souhaite qu'ils "mettent en place un contrôle qualité car ces affaires ne peuvent pas rester dans un tiroir, méconnues". "Il faut que les familles soient prévenues, informées, que les hôpitaux prennent leurs responsabilités", a-t-elle dit. 

Lire aussi

Puis de revenir sur la question d'un numéro unique. "Avant que cet accident grave survienne, nous avions déjà lancé une réflexion avec Gérard Collomb (le ministre de l'Intérieur, ndlr) sur l'articulation des numéros d'urgence entre eux, entre les pompiers et le Samu", a-t-elle rappelé. 

Une mission doit d'ailleurs, rendre en juin un rapport "qui compare les différents systèmes européens avec des numéros uniques ou des numéros différents". Un seul numéro est certes "plus simple à mémoriser mais il y a un désavantage" car "vous avez à ce moment-là plusieurs étapes pour joindre le médecin", ce qui fait "perdre de l'information et du temps", a-t-elle relevé. "Il va falloir articuler" cette réflexion sur les numéros "de grande urgence" avec "celle sur la régulation des soins non programmés", a ajouté Mme Buzyn.

Les parents de Naomi, toujours dans l'attente d'une réponse sur la mort de leur fille

Dans le même temps, les parents de la jeune Naomi, décédée en décembre dernier, ont regretté de n'avoir toujours aucune réponse sur les circonstances de la mort de leur fille. "Je suis toujours à la recherche de ce qui a tué ma fille", a déclaré Honorine Musenga, la mère de la jeune femme, à l'issue d'une rencontre de deux heures avec le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Cet entretien était prévu depuis début mai pour faire le point sur l'enquête administrative ouverte par l'hôpital sur le décès de Naomi Musenga. 

Et aussi

Lire et commenter