Affaire Tapie : Claude Guéant placé en garde à vue

SOCIÉTÉ

JUSTICE - L'ancien secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a été placé lundi matin en garde à vue dans l'enquête sur l'arbitrage controversé dont a bénéficié Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais.

L'ancien "premier flic de France" se retrouve de l'autre côté de la barrière. Claude Guéant , convoqué lundi par les enquêteurs pour s'expliquer sur son rôle dans l'affaire Tapie , a été placé en garde à vue à la Brigade Financière. Les questions devraient fuser au cours de cette audition attendue : l'ancien ministre de l'Intérieur a-t-il joué un rôle moteur dans la décision à l'automne 2007 de préférer un tribunal privé à la justice ordinaire pour régler le différend entre le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie sur la revente d'Adidas ? A-t-il pesé dans celle de ne pas contester la sentence qui octroyait plus de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires ? A-t-il été sollicité pour que le fruit de l'arbitrage soit soumis à une fiscalité indulgente ? Les juges soupçonnent en effet que la décision favorable à Bernard Tapie soit le fruit d'un "simulacre" d'arbitrage organisé avec l'aval de l'Elysée.

Pour l'instant, les mises en examen pour escroquerie en bande organisée concernent cinq personnes dont Bernard Tapie, et son avocat Maurice Lantourne. Mais aussi l'un des trois juges-arbitres, Pierre Estoup, et l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, Stéphane Richard. Dans le volet ministériel du dossier, l'ex-ministre de l'Economie a été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté, ce qui lui a permis de rester à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

Seconde garde à vue

C'est la deuxième fois que Claude Guéant est placé en garde à vue. L'affaire de ses primes perçues en liquide quand il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, place Beauvau, l'avait en effet conduit devant les enquêteurs. En février 2013, soit moins d'un an après la défaite de son camp, il avait également vu son cabinet et son domicile perquisitionnés pour les besoins de deux dossiers. Les enquêteurs avaient alors trouvé trace d'un mystérieux virement de 500.000 euros, que cet ancien haut fonctionnaire explique par la vente, à un avocat malaisien insaisissable, de deux marines d'un peintre flamand du XVIIe siècle de renommée moyenne, Anders van Eertwelt.

A l'issue de sa garde à vue, Claude Guéant peut être relâché sans charge ou présenté aux juges pour une éventuelle mise en examen. Sollicité par l'AFP quelques jours avant son audition, l'ex-homme fort de la Sarkozie s'est refusé à tout commentaire.

Lire aussi >> Comprendre l'affaire Tapie en cinq points

Et aussi

Lire et commenter