Affaire Tapie : mise en examen, Christine Lagarde exclut de démissionner du FMI

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ARBITRAGE - Christine Lagarde, patronne du FMI, a annoncé mercredi à l'AFP avoir été mise en examen la veille à Paris pour "négligence" dans l'enquête sur l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais.

Coup rude pour Christine Lagarde. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mercredi à l'AFP avoir été mise en examen la veille à Paris pour "négligence" dans l'enquête sur l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais.

Interrogée pour savoir si elle entendait démissionner du FMI, l'ancienne ministre française de l'Economie a répondu: "non". "Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi", a-t-elle précisé. Selon elle, "après trois années d'instruction, des dizaines d'heures d'audition, la commission s'est rendue à l'évidence que je n'avais été complice d'aucune infraction et a donc été réduite à alléguer que je n'aurais pas été suffisamment vigilante lors de l'arbitrage opposant la société CDR au liquidateur du groupe et des époux Tapie". Et de poursuivre : "J'ai demandé à mon avocat d'exercer tous les recours contre cette décision que je considère comme totalement infondée".

Longuement entendue par la CJR

La directrice du FMI avait de nouveau été longuement entendue mardi par la Cour de justice de la République (CJR). Arrivée en début de matinée dans les locaux de cette instance habilitée à enquêter sur les membres du gouvernement pour les faits commis dans l'exercice de leur fonction, l'ex-ministre de l'Economie avait quitté peu avant minuit la rue de Constantine, dans le VIIe arrondissement de Paris, sans faire de déclaration. Mais selon son entourage, "les magistrats ont décidé de reprendre tout le dossier".

C'est la quatrième fois que Christine Lagarde était auditionnée dans cette affaire, qui porte sur la sentence arbitrale de 2008 qui avait octroyé quelque 400 millions d'euros à Bernard Tapie -dont 45 millions d'euros au titre du préjudice moral- pour clore le long litige qui opposait l'homme d'affaires au Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas. Objectif des juges : déterminer si cette sentence est le fruit d'un "simulacre" d'arbitrage organisé avec l'aval du pouvoir de l'époque.

La directrice du FMI avait été placée en mai 2013 sous le statut de témoin assisté, statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. Elle avait alors évité une mise en examen qui l'aurait sans doute contrainte à quitter ses fonctions à la tête de l'institution internationale. Cette dernière l'a depuis toujours assurée de son soutien.

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