Affaire Théo : plusieurs milliers de manifestants contre les violences policières à Paris, 13 arrestations

MANIFESTATIONS - À l'appel de plusieurs organisations, des rassemblements étaient organisés ce samedi 18 février dans une quinzaine de villes françaises "en soutien à Théo et aux autres victimes" de violences policières. À Paris, l'événement a réuni entre 2000 et 5000 personnes place de la République.

Plus de deux semaines après l'arrestation violente de Théo à Aulnay-sous-Bois, plusieurs rassemblements ont été organisés ce samedi en France, en soutien au jeune homme noir de 22 ans et "aux autres victimes" de violences policières. À Paris, plusieurs milliers de personnes se sont réunies sur la place de la République, bouclée par un dispositif policier d'envergure. Dans d'autres villes de France, les manifestants étaient plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines. 


Si le rassemblement parisien s'est passé dans le calme, la fin de cortège a vu s'affronter plusieurs dizaines de manifestants avec les forces de l'ordre. Aux jets de projectiles ont répliqué les tirs de gaz lacrymogène. 13 personnes ont été arrêtées, en marge de la manifestation de la place de la République. En début de soirée, un cortège sauvage de quelques dizaines de manifestants a défilé dans le quartier Ménilmontant, à l'est de Paris. Certains d'entre eux ont endommagé la vitrine d'une banque. 

"L'affaire Théo n'est pas qu'un fait divers, c'est un problème structurel de violences policières"Dominique Sopo, président de SOS Racisme

Organisé par des associations antiracistes comme SOS Racisme, le Cran, la Ligue des droits de l'Homme, le Mrap, des syndicats (CFDT, CGT, FSU) et des organisations lycéennes et étudiantes (Fidl, Unef, UNL, Fage...), le rassemblement parisien a rassemblé  2300 personnes selon la police, 4000 à 5000 selon les organisateurs. D'autres manifestations ont réuni environ 350 personnes à Rennes, 250 à Nice, 230 au Mans, 200 à Poitiers, 150 à Montpellier, 150 à Dijon, à Nantes et Angers, une centaine à La Rochelle et Amiens, et 80 à Avignon, selon l'AFP, qui précise que 4 personnes ont été interpellées en marge du cortège à Rennes. 


À Paris, plusieurs élus, dont Jean-Luc Mélenchon et Noël Mamère, étaient présents. À la tribune, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a notamment déclaré que "l'affaire Théo n'est pas qu'un fait divers, c'est un problème structurel de violences policières que la France doit avoir la maturité de traiter".


Théo a quitté l'hôpital jeudi, deux semaines après son viol présumé lors de son interpellation brutale le 2 février à Aulnay-Sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Quatre policiers ont été mis en examen, dont un pour viol. 

Les premiers rassemblement avaient été annoncés en début de semaine et leur nombre a augmenté au fil des jours. Ce samedi à 15 heures, à l'appel du Cran, de la Ligue des droits de l’Homme, du Mrap, de SOS Racisme, de la CGT et de la FSU, plusieurs manifestations ont été organisées dans toute la France "en soutien à Théo et aux autres victimes" et "contre les dérives des violences policières". Une conséquence directe de l'affaire de l'arrestation violente du jeune homme de 22 ans à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). 


A Paris, l'événement, déclaré vendredi à la préfecture de police de Paris, s'est tenu place de la République, sous haute surveillance. Alors que plusieurs syndicats de police - notamment Alliance - et élus redoutent des incidents, la préfecture, qui n'a pas interdit le rassemblement,  a annoncé vendredi soir par voie de communiqué quelques-unes des mesures qui pourraient être prises "si les circonstances l'exigent". 

Une quinzaine de rassemblements annoncés

Au total, outre Paris, une quinzaine d'événements se sont tenus, comme à Amiens, Annecy, Nice, Montpellier, Nantes... Sur son site Internet, la Ligue des Droits de l'Homme donne une liste non-exhaustive des sites de ralliements. D'autres rassemblements, non déclarés, pourraient eux aussi avoir lieu. 


Depuis le début de l'affaire Théo, des centaines de personnes se sont rassemblées chaque jour un peu partout en France pour demander justice pour le jeune homme de 22 ans et dénoncer les violences policières.  Au total, le police a procédé à près de 300 interpellations. Vendredi soir encore, 14 personnes ont été interpellées à Rouen, où avait lieu un rassemblement. 

Hospitalisé depuis le 2 février, jour de son interpellation dans la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois. Théo, lui, a pu regagner son domicile jeudi. "Grâce à Dieu, je suis sorti sur mes deux jambes. J'étais rentré en fauteuil roulant, en très mauvais état", a déclaré le jeune homme de 22 ans dans une vidéo postée sur Facebook, remerciant les gens qui l'ont soutenu.


"Je suis très fatigué. La blessure n'est pas encore guérie. (...) Je devais rester encore dix jours mais je n'ai pas pu accepter car je ne sais pas si j'aurais réussi à tenir mentalement", a-t-il expliqué, sa mère et une de ses soeurs à ses côtés. Il avait dès les premiers incidents survenus en Ile-de-France appelé au calme. Pour autant, la colère continue de gronder. 

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