Affaire Vincent Lambert : le douloureux dilemme du Conseil d'Etat

Affaire Vincent Lambert : le douloureux dilemme du Conseil d'Etat

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EUTHANASIE - Le rapporteur public a préconisé jeudi une nouvelle expertise médicale sur le cas du jeune tétraplégique en état végétatif chronique. La décision du Conseil d'Etat sur ce point sera rendue vendredi après-midi.

"L'importance de la décision est telle que j'ai l'impression que ça paralyse un peu tout le monde". La réaction du neveu de Vincent Lambert, jeudi matin, résume bien l'enlisement du cas de son oncle, tétraplégique en état végétatif depuis cinq ans. Alors que le Conseil d'Etat était supposé trancher la question de son maintien en vie, il venait d’annoncer un nouvel ajournement de sa décision, à vendredi. Le temps d'examiner la dernière recommandation du rapporteur public : ordonner une nouvelle expertise médicale. La semaine dernière, la plus haute juridiction administrative avait déjà reporté son arrêt, le juge saisi ayant estimé qu'il ne pouvait trancher seul ce dilemme. Les 17 magistrats de l'assemblée du contentieux réunis jeudi n'y sont donc pas plus parvenus.

Affaire "hors-norme"

Au sein de la famille Lambert, la perspective d'une nouvelle attente ne contente aucun des deux camps qui s 'affrontent. "Vous devez vous prononcer tout de suite !", a lancé l'avocate du neveu, qui plaide pour que soit mise fin aux souffrances de Vincent. Soutenue par la défense de l'épouse, qui a appelé à "ne pas allonger les souffrances de la famille". Et de rappeler que pas moins de sept médecins ont déjà été consultés sur ce dossier, dont six ont jugé que le maintien de l'alimentation et de l'hydratation du patient équivalait à une "obstination déraisonnable". Soit l'un des critères permettant l'arrêt des traitements, selon les termes de la loi Leonetti. Les parents de Vincent, eux, attendent avec impatience que le Conseil confirme la décision du tribunal administratif, qui en mai dernier avait bloqué la décision de l'hôpital d'arrêter ses traitements .

Vendredi, à 16 heures, tous auront donc à nouveau les yeux rivés vers le Conseil d'Etat. Si celui-ci suit le conseil du rapporteur public, trois médecins se pencheront donc de nouveau sur le dossier médical de Vincent Lambert, pour dire si oui ou non l'homme de 38 ans subit un acharnement thérapeutique. Reportant, de facto, toute décision à un délai qui pourra aller jusqu'à six semaines. Une procédure "inhabituelle", a reconnu le rapporteur public. Mais, s'est-il justifié, l'affaire est "hors-norme" et la décision "aura un impact national".

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