La personnalité de l'année pour le Time : celles qui ont brisé le tabou du harcèlement sexuel

La personnalité de l'année pour le Time : celles qui ont brisé le tabou du harcèlement sexuel

#METOO - Time Magazine a rendu, pour son habituel numéro consacré à la personnalité de l'année, aux "silence breakers", littéralement, à celles et ceux qui ont contribué à briser le silence autour des violences faites aux femmes et à libérer la parole.

La personnalité de l'année... sont des milliers. Pour l'année 2017, Time Magazine a décidé de mettre à l'honneur non pas une personne, qui aurait illustré pour le meilleur ou pour le pire l'année écoulée... mais toutes celles et ceux qui ont été des "silence breakers". Littéralement, les "briseurs de silence", qui ont contribué à libérer la parole et l'écoute des femmes victimes de violences ou de harcèlement sexuel, alors qu'Hollywood ne s'est toujours pas remi du séisme Weinstein. 


Le magazine explique sa démarche en insistant sur le rôle de modèle, incarné par les stars qui, les premières, ont pris la parole pour dénoncer les agissements du producteur : "Quand une star de cinéma ne sait pas vers qui se tourner, quel espoir y a-t-il pour le reste d'entre nous ? Quel espoir pour la concierge qui est harcelée par un collègue et qui se tait par peur de perdre son travail et de ne plus pouvoir nourrir ses enfants ? Pour l'assistante qui repousse encore et encore un supérieur qui ne veut pas s'entendre dire "non" ? Pour la femme de ménage d'un hôtel qui ne sait jamais, alors qu'elle s'apprête à remplacer les serviettes et nettoyer les toilettes, si un client va la coincer dans une chambre ?"

Une silhouette en bas à droite... pour chacun et chacune d'entre nous

C'est ainsi qu'on retrouve, en une du Time, plusieurs personnalités parmi lesquelles l'actrice Ashley Judd, qui a témoigné dans la toute première enquête du New York Times à l'encontre de Harvey Weinstein, qu'elle accuse d'agression sexuelle.  A ses côtés, on retrouve la chanteuse Taylor Swift, qui a poursuivi en justice un DJ pour agression sexuelle en réclamant un dollar symbolique de dommages et intérêts. Et puis il y a trois autres femmes, qui n'appartiennent pas au monde du show-business mais qui ont à leur manière oeuvré pour la libération de la parole : il s'agit de la militante Adama Iwu, qui a initié la campagne "On a dit 'assez'", de l'employée de Uber Susan Fowler, victime de harcèlement sexuel et d'Isabel Pascual, cueilleuse de fruits elle aussi harcelée pendant des années. Un avant-bras figure dans le coin, en bas, à droite, de la Une, celui d'une employée d'hôpital, qui a préféré garder l'anonymat "par solidarité envers toutes celles qui n'ont pas pu parler librement".


A l'intérieur du magazine, d'autres noms se succèdent, plus ou moins connus : il y a notamment l'actrice Rose McGowan, active sur les réseaux sociaux et dénonciatrice du système Weinstein, Tarana Burke et Alyssa Milano, qui ont initié, à des moments différents, le hashtag #metoo sur les réseaux sociaux, ou encore la journaliste française Sandra Muller qui a lancé la même opération en France avec #balancetonporc. Et un homme, l'ancien acteur Blaise Godbe Lipman. Des anonymes, des salariées et employées, toutes victimes et porte-voix à la fois, sont aussi présentes. Car c'est un numéro spécial qui concerne in fine toutes les femmes, dans le monde, qui ont pris la parole sur ce sujet.

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