Affiches anti-migrants à Béziers : déboutées, les associations vont saisir le Conseil d'Etat

Affiches anti-migrants à Béziers : déboutées, les associations vont saisir le Conseil d'Etat

JUSTICE – Le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a rejeté lundi le recours des associations "Esprit libre" et "cultures solidaires" contre les affiches anti-migrants de Béziers. Mais, encouragées sur le fond, elles annoncent à LCI leur volonté de saisir le Conseil d’Etat.

Pas de sanction pour Robert Ménard. Du moins, pas encore... Ce lundi 24 octobre, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté le recours en référé-liberté engagé par deux associations biterroises à l’encontre des affiches anti-migrants déployées il y a deux semaines par la mairie dans les rues et dans don bulletin municipal. Des affiches mettant en scène des réfugiés dans le centre-ville de Béziers, sous la mention "ça y est ils arrivent", qui ont suscité de très vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux.

La raison de ce rejet ? Elle est simple : quelques heures avant l’audience au tribunal de Montpellier, toutes les affiches polémiques avaient été retirées des rues, plaçant de fait le juge des référés dans une situation absurde : exiger le retrait de pancartes… qui n’existent plus. 

Une "double victoire" pour les associations

Quant aux articles des deux bulletins municipaux tentant de justifier cette campagne d’affichage, ils "ne se sont pas limités", selon le tribunal, "à une information relative aux réalisations et à la gestion du conseil municipal". Ils ont donc bel et bien "dépassé la vocation dévolue à un tel bulletin et méconnu le principe de neutralité du service public." Mais sur ce point aussi, tout en donnant tort à Robert Ménard, le juge s’est déclaré incompétent pour sanctionner en urgence ces publications, comme le suppose la procédure du référé-liberté. 

Une décision en demi-teinte à laquelle réagit Mehdi Roland, président de l’association "Esprit Libre" de Béziers : "On prend acte du rejet de notre demande", explique-t-il à LCI. "Mais cela révèle paradoxalement une double victoire pour nous. Car d’une part les affiches ont été retirées quelques heures avant l’audience, ce qui prouve que Robert Ménard a pris la mesure de notre requête. Et d’autre part, le juge administratif a reconnu la violation du principe de neutralité du service public, mais s’est déclaré incompétent pour le juger. Cette histoire est loin d’être terminée.  Nous allons donc a priori saisir le Conseil d’Etat."

"Des associations renvoyées dans les cordes"

Une intention confirmée par Marie-Sygne Leca, avocate des associations requérantes. "Il y a une divergence des jurisprudences, le conseil d’Etat doit se prononcer", nous précise-t-elle. Contacté, le cabinet représentant la mairie de Béziers n’a, quant à lui, pas répondu à nos sollicitations. Mais Robert Ménard s'est fendu, dans la soirée, d'un communiqué estimant que la justice a "renvoyé dans les cordes ces "deux associations pro-immigrés et pro-islamistes". 

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