Age, sexe, région, hobbies... avez-vous le profil du "bon en orthographe" ?

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PORTRAIT ROBOT - Quel est le niveau actuel des Français en orthographe ? Âge, sexe, région : qui sont les plus à l’aise ? Le 4e baromètre Voltaire donne toutes les réponses, et fait d'insolites comparaisons. LCI fait le point.

A quoi ressemble le champion type en orthographe ? Quelles sont ses habitudes ? Quel âge a-t-il ? De quel sexe est-il ? Le 4e baromètre Voltaire apporte une réponse à toutes ses questions, en dessinant le niveau des Français en orthographe. 


Pour ça, Projet Voltaire, numéro 1 de la remise à niveau en orthographe, a interrogé plus de 8.700 de ses utilisateurs, de tous âge et de tous niveaux, pour cerner leur profil, et mesuré le niveau d'acquisition sur cet échantillon de 84 règles grammaticales et lexicales de base. 


A première vue, se dresse un constat : le baromètre semble aller dans le sens des idées reçues ; oui, il vaut mieux faire du latin et du grec, oui c'est mieux si on lit. Mais le baromètre fait aussi d'autres rapprochement, plus... insolites. Comme le lien entre pratique sportive et niveau d'orthographe. LCI fait le point sur les caractéristiques types des bons en orthographe. 

1. Aimer l'école

 Mieux vaut que votre scolarité se soit bien passée, et que vous gardiez de vos classes, et votre école primaire surtout, un bon souvenir. Car en orthographe, tout se joue très tôt, et l’orthographe sourit à ceux qui ont eu une scolarité apaisée. Les sondés ayant un bon ou très bon souvenir maîtrisent 50% des règles, contre 44% pour celles qui en ont un mauvais. Le primaire est en effet la période où les fondamentaux du savoir s'installent durablement. "Sans présumer d’un lien de cause à effet qui n’était pas l’objet de notre enquête, il est manifeste de constater que nos concitoyens à qui cette période n’a pas laissé un bon souvenir ont désormais plus de difficultés pour la maîtrise de la langue française", indique Projet Voltaire.


Mais, retenez bien qu’il n’est jamais trop tard pour renverser la vapeur. 

2. Ne pas savoir s'orienter

Insolite, mais vérifié : les personnes dénuées de sens de l'orientation ont un avantage en orthographe : elles sont 51, 5% à maîtriser les règles ; contre 47, 8% pour les autres. 


Là encore, le lien entre les deux est à prendre avec précaution, aucun lien de causalité n'étant établi. "Les personnes qui n’ont pas le sens de l’orientation se sentent plus à l’aise dans un univers stable avec des repères bien établis", précise Projet Voltaire. Les règles de grammaire forment un univers stable. De là à penser que cela peut influencer les capacités cognitives ou la maîtrise de la langue française... La réponse n’est pas encore connue, mais la question méritait d’être posée !"

3. Grec et latin, ça aide

Par Toutatis ! Faire du grec et du latin, ça aide ! D’après le baromètre, les élèves ayant choisi de pratiquer ces langues mortes distancent de plus de 8 points leurs collègues qui n'en font pas, sur la maîtrise des règles d'ortographe. "Leur étude

apporte indéniablement des notions utiles pour l’apprentissage du français et notamment de l’orthographe. C’est l’étymologie qui apporte de précieux repères pour rédiger avec assurance en limitant les fautes."

4. Bilingue, c’est encore mieux

Pas tellement étonnant non plus, les Français qui parlent couramment une langue étrangère maîtrisent plus de la moitié des règles d’orthographe. Ce sont deux points de moins pour celles et ceux qui n’en parlent aucune. 


L’étude d’une langue étrangère nécessite, comme pour le français, un travail sur le vocabulaire, la syntaxe, les accords, la grammaire et la conjugaison… Cela crée des automatismes. 

5. Plus on lit, mieux on écrit

C'est tout bénéf' : au-delà d’une lecture de 5 livres par an, la maîtrise des règles d’orthographe progresse de 7 points de plus que les autres. Pas étonnant : la lecture est "une activité qui entraîne notre cerveau, fait travailler sa dextérité par la visualisation des mots et des phrases, lui rend plus familiers des expressions, des accords, des tournures syntaxiques et des conjugaisons", précise le baromètre du Projet Voltaire.

6. Pas de culture pub

Moins on regarde la télévision, mieux on écrit : regarder la télévision moins d’une heure par jour, c’est maîtriser en moyenne 5% de règles d’orthographe en plus. 


Quel lien de cause à effet ? Projet Voltaire lance des supputations : "Information, divertissement, culture : la télévision apporte beaucoup, mais est consommée avec modération par celles et ceux qui maîtrisent le mieux la langue de Voltaire. Peut-être au profit d’autres activités, comme la lecture, plus structurantes pour la connaissance du français  ?"

7. Pas footeux

Un lien insolite... Plus on est fort en orthographe, moins on s’intéresse à la Coupe du monde. 4,4 points séparent les amateurs du ballon rond des autres dans leur maîtrise des règles de l’orthographe. Un vrai tacle pour la langue française... mais qui peut trouver une explication : "Probablement que le public amateur de football est davantage masculin, or le chapitre qui suit ne laisse aucun doute sur la différence de niveau en orthographe entre les hommes et les femmes…", avance Projet Voltaire.

8. Les femmes plus douées

Les femmes plus douées. L’orthographe n’est pas paritaire. D’après les chiffres présentés mardi, les femmes sont meilleures en orthographe, que les hommes, avec 50, 3 % de règles maîtrisées, contre 46, 4%. 


Un écart significatif, qui reste d'ailleurs une constante, depuis le premier baromètre.  A ce constat, Projet Voltaire en est réduit à des supputations : "Nous savons que les femmes lisent davantage de littérature que les hommes. Cela peut-il avoir une incidence sur leur niveau de maîtrise de l’orthographe ?"

9. On se bonifie avec l’âge

Autre constat récurrent : plus on est âgé, meilleur on est en orthographe. Les grands-parents maîtrisent en moyenne 20 % de règles d’orthographe de plus que leurs petits-enfants. Dans le détail, par tranche d'âge, on voit ainsi par exemple qu’à 35 ans, on maîtrise la moitié des règles de base en orthographe, deux tiers au-delà de 55 ans.


Rien ne remplace donc l’expérience, tout au long de sa vie. Mais on peut aussi prendre en compte un autre phénomène : les personnes qui ont 50 ans ont eu deux fois plus d’heures de français à l’école primaire que celles qui ont 20 ans... Et on le sait, les acquis du primaire sont déterminants pour la suite. 

10. C’est mieux à l’Est

Ce sont les régions Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire qui grimpent sur le podium 2018 des meilleurs régions en orthographe. Après une belle progression depuis 2 ans, c’est la première fois que la région Grand Est monte sur le podium. 

11. La musique adoucit l’orthographe

Les chiffres sont formels : les joueurs d’un instrument de musique peuvent se prévaloir d'un niveau très légèrement plus élevé (50,3 %) que ceux qui ne pratiquent aucun instrument (48,6%).


Un résultat à mettre en corrélation avec une étude de l’Université d’Amsterdam parue récemment et qui démontre que les leçons de musique structurées améliorent considérablement les capacités cognitives des enfants, notamment l’intelligence verbale et la mémoire à court terme.

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