Agression d'une femme voilée : Caroline Fourest condamnée pour diffamation

Agression d'une femme voilée : Caroline Fourest condamnée pour diffamation

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JUSTICE – La journaliste Caroline Fourest a été condamnée mercredi dernier par le tribunal de Grande instance de Paris. Les juges la condamnent pour avoir diffamé Rabia Bentot, une jeune femme voilée agressée à Argenteuil en 2013.

Si Caroline Fourest estime avoir été dans un "débat d'idées légitime", la justice elle, a considéré mercredi dernier que cela s'appelait de la diffamation. Le 25 juin 2013, la journaliste de France culture livre une chronique intitulée "Faut-il être féministe pour dénoncer l'agression des femmes voilées ?" Problème : l'essayiste mettait en cause la version de Rabia Bentot, une jeune femme voilée agressée à Argenteuil quelques jours plus tôt. Après une plainte déposée par la victime la justice a finalement condamné la journaliste et insisté sur le caractère diffamatoire de sa chronique.

Voici précisément ce que Caroline Fourest disait dans sa chronique :

"C’est une jeune femme d’à peine 17 ans qui aurait été insultée, traitée de sale arabe et de sale musulmane par deux hommes, deux autres crânes rasés ayant porté des coups et arraché son voile. Cette fois aussi la jeune femme n’a pas déposé plainte tout de suite, il a fallu attendre que son père, en voyage à l’étranger, ne revienne accompagnée de militants du CRI (ndlr - Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie) bien décidés à médiatiser l’agression, notamment sur le site communautariste Oumma.com, où le père, pourtant absent au moment des faits, passe son temps à couper la parole à sa fille, pour donner sa version. Et là aussi c’est une version qui n’a pas arrêté de changer, dont la police d’ailleurs doute. Elle n’exclut pas un règlement de comptes familial, une opération punitive destinée à faire payer à la jeune femme son style de vie, jugé trop libre, ce qui changerait évidemment tout". Jugeant ces propos diffamants, la jeune femme en question, Rabia Bentot, a déposé plainte.

"Aucune preuve n'évoque les faits sur lesquels elle appuie son imputation diffamatoire"

Dans son jugement que metronews s'est procuré, le tribunal de Grande instance de Paris condamne la journaliste à verser 3000 euros à titre de dommages-intérêts "en réparation du préjudice moral causé par les propos diffamants". Et 3000 euros de frais de justice. Les juges ont ainsi retenu la diffamation et mis en cause les arguments énoncés par Caroline Fourest dans sa chronique :

Caroline Fourest "se borne à produire quelques coupures de presse dont aucune n'évoque les faits sur lesquels elle appuie son imputation diffamatoire".

La journaliste affirme que la femme voilée a déposé plainte tardivement alors que "Rabia Bentot a produit la copie du PV qui établit qu'elle a déposé plainte, accompagnée de sa mère, le lendemain de l'agression".

Enfin les juges soulignent que les déclarations de la victime "figurant dans le PV ne diffèrent pas du récit qu'elle donne lors de l'interview diffusée sur oumma.com, au cours de laquelle son père, loin de lui couper la parole, explique qu'il n'était pas présent et que c'est à sa fille de s'exprimer".

Sur son blog , Caroline Fourest annonce toutefois faire appel. "Pour avoir émis ce doute (que l'agression soit un "montage" d'un "réseau intégriste", ndlr), le père d’une jeune femme voilée (qui nie influencer sa fille) a porté plainte et me réclame des dommages et intérêts. Radio France et moi-même faisons appel. Nous sommes confiants sur l’issue finale de cette procédure", a-t-elle écrit. Et son avocat de persister sur Arrêt sur images : "Cette décision m'apparaît non fondée. Caroline Fourest était dans un débat d'idées complètement légitime".

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