Agression sexuelle dans un sketch : que risque Rémi Gaillard ?

Agression sexuelle dans un sketch : que risque Rémi Gaillard ?
SOCIÉTÉ

PAS DRÔLE - Dans sa dernière vidéo intitulée "Dog", Rémi Gaillard, humoriste bien connu pour ses sketchs outranciers, mime un acte sexuel sur une femme à la plage déguisé en chien. L'agression sexuelle est-elle caractérisée ? Explications avec Léopold Heller, avocat en droit pénal de la famille au barreau des Hauts-de-Seine.

Mise en ligne le 12 juin sur YouTube, la vidéo "Dog" a atteint quatre jours plus tard presque trois millions de vues. C'est que Rémi Gaillard y crée une nouvelle fois la polémique en simulant, déguisé en chien, "une levrette" sur une femme non consentante (à 1 minute 50). On ne change pas une recette qui fonctionne : En 2014, le sketch "Free Sex", comme le remarque le site Madmoizelle , reprenait déjà les mêmes procédés. Mais cette fois-ci, le trublion pourrait avoir dépassé les bornes, comme nous l'explique Léopold Heller, avocat en droit pénal de la famille.


Selon la loi, assiste-t-on à une agression sexuelle dans ce sketch ?

Au regard de l'élément matériel, oui. C'est-à-dire que selon le code pénal, le fait de toucher les parties intimes d'une personne sans son consentement est une agression sexuelle. Mais il faut ensuite prouver que l'humoriste avait l'intention de commettre une agression sexuelle, au moment où la scène a été tournée. Et l'élément intentionnel, c'est bien plus difficile à mettre au jour, du moins dans cette affaire.

Pourquoi l'intention coupable est-elle difficile à prouver ?
Rémi Gaillard agit sur le terrain de l'humour. Si jamais il était inquiété, il pourrait toujours se défendre en disant qu'il n'a jamais voulu agresser qui que ce soit et qu'il souhaitait simplement que la scène soit drôle. Contrairement à quelqu'un qui fait des attouchements dans le métro par exemple, lui peut dire qu'il ne prend pas de plaisir à mimer ce geste.

Finalement, Rémi Gaillard risque-t-il d'être inquiété par la justice ?
C'est très peu probable. Pour que l'affaire aille devant les tribunaux, il faut qu'il y ait une victime. Soit la dame en question porte plainte, soit le ministère public se saisit seul du problème. Cette seconde option, je n'y crois pas trop. A ma connaissance, jamais une procédure initiée contre l'humoriste n'a abouti à une condamnation.

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