Agriculteurs, SNCF, entreprises... : la facture des inondations s'annonce salée

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INTEMPERIES - Alors que la décrue s'est amorcée dans les cours d'eau qui ont débordé ces derniers jours, les dégâts, tout comme le manque à gagner pour les secteurs économiques touchés, s'annoncent importants. La facture totale de cet épisode pourrait dépasser le milliard d'euros. Revue de détail.

La pluie qui s'est abattue en trombes va coûter cher à la France. S'il apparaît difficile à l'heure actuelle de mesurer avec certitude l'impact financier des inondations qui ont sévi dans plusieurs départements, la facture s'annonce élevée au vu des dégâts et de l'arrêt d'une partie de l'activité ces derniers jours.

Selon une première estimation de l'Association française des assurances (AFA), le montant des indemnisations qui pourraient être versées aux sinistrés dépasserait les 600 millions d'euros. Sur la base de la comparaison avec les inondations d'octobre 2015 sur la Côte d'Azur, l'assureur Maif avance même de son côté un coût total proche de 2 milliards d'euros.

 Près de 3 millions d'euros pour Longjumeau

Pour la seule ville de Longjumeau (Essonne), durement touchée, la mairie évalue le coût des dégâts à quelque 2,8 millions d'euros, dont la plus grosse dépense devrait porter sur la remise en état du système d'assainissement. Concernant le département de la Seine-et-Marne, également très inondé, un millier d'entreprises auraient été touchées, précise le Conseil départemental, qui estime que la pérennité de 300 à 500 d'entre elles est menacée. Rien que pour l'hébergement des sinistrés des 220 communes du département envahies par les eaux, la Seine-et-Marne a débloqué une enveloppe d'urgence de 600.000 euros.

A Paris, l'évaluation globale des dégâts devrait prendre du temps. D'ores et déjà, la crue de la Seine a eu des répercussions notables sur le secteur du tourisme, du fait notamment de la fermeture de deux des principaux musées de la capitale, le Louvre et Orsay. Au-delà du manque à gagner pour ces sites particulièrement visités, les mesures exceptionnelles prises ces derniers jours pour protéger les œuvres stockées en sous-sols des bâtiments représentent déjà une facture en termes de frais de personnel.

► L'agriculture, les transports, l'énergie touchés

Autres sites touristiques durement affectés : les châteaux de la Loire. Plusieurs de ces joyaux du patrimoine français, construits sur les berges du fleuve ou de ses affluents, ont dû fermer leurs portes et de nombreuses annulations de touristes ont été enregistrées par les hôtels de la région. A Chambord, fermé durant cinq jours, le coût de l'interruption d'activité est estimé à 30.000 euros par jour, soit 150.000 euros au total.

EN SAVOIR + >> Indemnisations : les assurances s'engagent à des procédures simplifiées

Côté agriculture, "pour les terres encore submergées aujourd'hui et où il n'y aura pas de récolte derrière, c'est une perte de 1.000 à 1.500 euros à l'hectare suivant la culture", a estimé le président de la FNSEA, Xavier Beulin. Un point devait avoir lieu ce lundi entre les acteurs du secteur et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, alors que certains maraîchers ont tout perdu, notamment en ce qui concerne les cultures de fraises et de salades en plein champ.

► Sur l'A10 inondée, un chantier colossal

Le secteur des transports devrait également supporter une lourde facture. C'est le cas de la SNCF, dont plusieurs lignes ont dû être coupées suite aux intempéries. D'ores et déjà, une porte-parole de l'entreprise publique a prévenu que les dégâts sur son réseau coûteront "des dizaines de millions d'euros'.

Au nord d'Orléans, l'autoroute A10 a été coupée par des nappes d'eau qui ont bloqué une partie du tronçon depuis mardi. Le propriétaire du concessionnaire, le groupe Vinci a débloqué des moyens considérables pour évacuer 300 véhicules. Opération pour laquelle la construction d'une digue de 800 mètres de long a dû être engagée. Un bassin de rétention de 5.000 m2 a également été creusé pour évacuer l'eau. Autant d'opérations coûteuses, dont le montant reste encore à chiffrer.

L'opérateur de l'énergie Enedis (ex-ERDF) n'a pas non plus chômé ces derniers jours alors que plusieurs dizaines de milliers de foyers ont été coupées d'électricité. Là encore, le montant des interventions du gestionnaire du réseau électrique n'a pas encore été communiqué.

► Des aides d'urgence pour les commerces de proximité

Malgré l'ampleur des dégâts et du manque à gagner pour de nombreux secteurs, le ministre des Finances Michel Sapin a assuré lundi au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro que les crues n'auront pas de "conséquences lourdes (…) pour l'économie française" en général. Des "mesures d'aide exceptionnelles" visant à permettre "le plus vite possible" le redémarrage des activités devraient en outre être débloquées en direction des commerces de proximité mis en difficulté.

De leur côté, les assurances "se sont engagées" à mettre en place des procédures simplifiées "dans le cadre de l'état de catastrophe naturelle", afin de permettre des indemnisations rapides des sinistrés.

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