Ain : prison avec sursis pour le nonagénaire qui avait tué un pompier

Ain : prison avec sursis pour le nonagénaire qui avait tué un pompier

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PROCÈS - Joseph Barthe, 91 ans, a été condamné en appel vendredi à cinq ans de prison avec sursis avec mise à l'épreuve pour avoir tué d'un coup de fusil de chasse un pompier qui venait le secourir, en 2009 dans l'Ain.

Les jurés n'ont pas retenu l'argument de la légitime défense. Joseph Barthe, 91 ans, a été condamné en appel, vendredi, par la cour d'appel d'assises du Jura, à cinq ans de prison avec sursis avec mise à l'épreuve pour avoir tué d'un coup de fusil de chasse un pompier qui venait le secourir. La peine du nonagénaire, dont le verdict va à l'encontre de celui de la cour d'Assises de l'Ain, comprend en outre une interdiction de détenir des armes ainsi que l'obligation d'indemniser les victimes.

L'affaire remonte au 18 mars 2009. Ce jour-là, l'alarme de la maison du nonagénaire, située à Bellay (Ain), se déclenche vers 3h du matin. Craignant un malaise ou un suicide, ses voisins alertent les gendarmes. Mais, atteint de surdité, Joseph Barthe n'entend ni l'alarme, ni les appels de ses voisins, ni ceux des gendarmes et des pompiers qui entrés dans sa maison.

"Conviction absolue d'être en train d'être agressé"

Le pompier, Eric Virot, 32 ans, saisit alors une hache avant d'enfoncer à coups de pied la porte verrouillée de la chambre du vieil homme. Pensant à un cambriolage, l'accusé saisit son fusil de chasse, le charge puis tire sur le pompier dès son entrée dans la pièce, le touchant mortellement à la poitrine.

L'avocat de l'accusé, Me Hervé Guyenard avait souligné l'âge, le veuvage, la surdité et la crainte d'être agressé" de Joseph Barthe qui "n'a rien entendu" et a vu surgir "une ombre avec ce qu'il distingue comme étant une arme" dans sa chambre. "Le drame de ce dossier c'est qu'il a la conviction absolue qu'il était en train d'être agressé. Il était persuadé de subir une agression grave et injuste perçue comme une menace de mort", a rappelé l'avocat.

L'avocate générale, Virginie Deneux, a de son côté rejeté cette idée car "la légitime défense ce serait dire qu'il n'y aurait eu aucun autre choix". Arguant que Joseph Barthe "avait la possibilité de voir ce qu'il y avait derrière la porte, de parler, de tirer en bas, en haut, à coté. Mais il a tiré immédiatement sans aucune vérification, sans laisser aucune chance à la victime". Pour l'avocate, le nonagénaire s'est rendu coupable d'un crime : "le tir volontaire de M. Barthe cette nuit-là est un tir à 2,5 m, avec une munition, qui ne pouvait que tuer". Ajoutant : "fait que la personne qu'il a tué ne soit pas exactement celle qu'il pensait ne change rien, c'est un crime".

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