Air France : six salariés en garde à vue suite aux violences

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ENQUETE - Six salariés ont été placés en garde à vue ce lundi à la suite des violences qui ont eu lieu la semaine dernière au siège de la compagnie aérienne.

Après le scandale, les interpellations. Six salariés ont été arrêtés dans l'enquête judiciaire sur les violences qui ont perturbé il y a une semaine un Comité central d'entreprise (CEE) de la compagnie aérienne, a-t-on appris ce lundi auprès du parquet de Bobigny.

De source policière, ces interpellations ont été décidées "sur la base de témoignages et de la vidéo-surveillance". Selon le parquet de Bobigny, "une sixième personne a été placée en garde à vue dans la matinée". Elle avait été "convoquée dans le cadre de l'enquête". Les cinq premiers gardés à vue travaillent dans la branche Cargo ou à Air France Industries, notamment comme magasiniers. Selon une source proche du dossier, certains ont un mandat syndical à la CGT.

Indignation de Mélenchon et Duflot

Quoi qu'il en soit, la nouvelle a rapidement fait réagir du côté des syndicats d'Air France. Un rassemblement de soutien aux salariés interpellés est d'ores et déjà prévu dans l'après-midi à Roissy, tandis que le dialogue entre la direction et les syndicats a repris dans la matinée avec le syndicat d'hôtesses et stewards Unac.

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Côté politique, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) et l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot se sont indignés des conditions dans lesquelles ces interpellations ont eu lieu. "Jour de deuil. 4 salariés arrêtés pour fait de lutte. Que la résistance et la colère soient plus contagieuses que la peur !", a ainsi tweeté le premier, tandis que la seconde écrivait : "Arrêtés chez eux à 6h du matin ? Pourquoi ? pour les humilier devant leurs familles ou parce qu'ils préparaient une fuite à St Martin ?" Une allusion à Patrick Balkany, qui avait émigré sur cette île des Caraïbes dans les années 90 après avoir connu de premiers déboires judiciaires en France.

Au moins 10 plaintes déposées

Eric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche, a expliqué dans un communiqué ne pas avoir le souvenir "de pareil traitement pour un Cahuzac, un fraudeur fiscal ou un patron voyou" et dénoncé "une politique de classe qui s'en prend toujours aux mêmes". "Je ne vais pas pleurer (...) La police fonctionne comme ça avec tout le monde, y compris avec les responsables politiques", a au contraire commenté François Fillon (Les Républicains).

Lundi dernier, la tenue d'un comité central d'entreprise (CCE), au cours duquel la direction a annoncé la suppression possible de 2900 postes, a dégénéré après que de nombreux salariés de la compagnie, qui manifestaient devant le bâtiment, ont pénétré à l'intérieur. Ces derniers s'en sont violemment pris au directeur Air France à Orly, Pierre Plissonnier, ainsi qu'au directeur des ressources humaines (DRH) de la compagnie, Xavier Broseta. Les deux dirigeants, chemises arrachées, ont dû être exfiltrés par le service de sécurité, obligés d'escalader une grille pour s'extraire de la foule hostile. Des images qui ont fait le tour du monde.

Suite à ce dérapage, au moins dix plaintes ont été déposées : celles de six vigiles et trois cadres de l'entreprise pour des "violences" et celle d' Air France pour "entrave au CCE" et "dégradations". Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête, confiée à la police aux frontières, compétente en zone aéroportuaire. Une enquête interne à la compagnie a également permis d'identifier une dizaine de salariés comme impliqués dans ces violences, assurait dès mercredi une source proche du dossier.

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