Air France : un des salariés mis en cause dénonce un traitement "disproportionné"

SOCIÉTÉ

EMPLOI - Deux semaines après les débordements autour d’un Comité central d’entreprise à Air France, où deux dirigeants se sont retrouvés partiellement déshabillés, un des manutentionnaires est convoqué ce mardi par la direction en vue de son probable licenciement.

La punition est-elle disproportionnée ? Lui estime que oui. Pascal Maquet, manutentionnaire chez Air France, est accusé de violences lors de la manifestation du 5 octobre, lors d’un comité central d’entreprise, où deux dirigeants se sont retrouvés partiellement déshabillés. Ce mardi 27 octobre, il est convoqué par la direction, en vue de son probable licenciement. Quelques jours avant, il a reçu une lettre ordonnant sa mise à pied. Dur, pour le salarié, qui a passé plus de 30 ans à Air France.

L’homme, la cinquantaine, bouc blanc, crâne rasé, veste noire, témoigne dans Libération ce mardi. Le 12 octobre, il est interpellé chez lui, à l’aube, alors qu’il vient de rentrer du travail. Il subit 30 heures de garde à vue. Que lui reproche-t-on ? Pascal Maquet a été identifié sur des vidéos de la manifestation, comme quatre autres de ses collègues encartés à la CGT. On le voit bousculer un vigile. Pourtant, lui raconte autre chose aux enquêteurs : il dit être simplement venu faire grève, pour dire son "mécontentement" : jamais il n’a voulu commettre de violences, et s’il y a eu bousculade, c’est à cause des mouvements de foule. Il a peut-être bien bousculé un vigile, mais "de manière involontaire" : "Je pèse 110 kg et j’ai moi-même été bousculé", raconte-t-il à Libération.

"C'est leur mépris qui a tout fait dégénérer"

Comment la situation a-t-elle dégénéré, ce 5 octobre dernier ? Pour Pascal Maquet, c’est le comportement de la direction qui a tout fait basculer : alors que les dirigeants d’Air France exposent leurs plans de restructuration, qui prévoit 2900 licenciements, un petit groupe entre dans le bâtiment où se tient la réunion. Devant les cadres assis, une employée se lance, demande des comptes au DRH, Xavier Broseta et à Pierre Plissonnier, le patron de l’activité long courrier. Mais ils ne s’arrêtent pas. D’après Pascal Maquet, c’est là que tout a basculé. "C’est le mépris avec lequel ils l’ont regardée qui a tout fait dégénérer", dit-il.

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Mais ses agissements supposés dans la mêlée qui a suivi ne passeront pas. Le parquet de Bobigny a renvoyé Pascal Maquet devant le tribunal correctionnel pour "violences aggravées". Pour son avocat, "sans le contexte médiatique, cette affaire ne tient pas une seconde" : l’homme n’a pas de casier judiciaire et il a été victime de la disproportion de la réaction policière. Il risque 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.

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