Airbnb hors-la-loi à Berlin : cela pourrait-il arriver à Paris ?

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LOCATION - La Ville de Berlin vient d'indiquer qu'à partir du 1er mai, il deviendra illégale de louer des meublés touristiques via Airbnb. Paris, qui comme sa consœur n'a pas toujours eu des relations apaisées avec la plateforme, pourrait-elle prendre la même voie ? Le point avec Ian Brossat, adjoint au Logement de la capitale.

Berlin a appliqué la méthode forte. A partir du 1er mai, la capitale allemande interdira la location touristique de logements via les plateformes de type Airbnb. Objectif : remettre des logements sur le marché. En une décennie en effet, Berlin est devenu un lieu prisé des adeptes de Airbnb, juste derrière Paris et Londres. Et, d'après RFI, sur les 24.000 logements qui y sont loués aux touristes, 16.000 le sont via Airbnb. Autant d'appartements qui ne sont plus sur le marché de la location pour les habitants. A partir du 1er mai 2016 donc, "seule la location d’une pièce dans un appartement occupé restera possible", a déclaré le secrétaire d’Etat au Logement de Berlin.

La ville de Paris pourrait-elle suivre la même voie ? A la mairie, même si ce genre de plateforme n'a pas toujours été vu d'un bon œil, on assure qu'il n'est pas question d'en arriver à une telle extrémité. Même si avec 40.000 logements proposés à la location (répartis sur toute l'Ile-de-France,) la capitale française est la première destination mondiale pour le site de location particuliers Airbnb. "Nous faisons bien la distinction entre deux cas très différents", indique à metronews Ian Brossat, adjoint à la Ville en charge du Logement. "Celui du propriétaire qui met son logement sur une plateforme quand il part en vacances, qui est dans la logique originelle, celle du partage, et celui du promoteur qui achète des dizaine de logements uniquement pour les mettre en location". Et donc faire des bénéfices, et soustraire ces logements au marché locatif.

Un "partenariat exigeant" 

A la Ville de Paris, on prêche le dialogue : "On n'a jamais conçu notre relation avec Airbnb comme une guerre", souligne Ian Brossat. "Mais on souhaite qu'ils respectent un certain nombre d'exigences". Le choix a donc été fait d'encadrer. L'an dernier, plusieurs avancées ont été faites. La Ville a d'abord obtenu d'Airbnb qu'il collecte directement la taxe de séjour, pour la municipalité. Ce qui a fait, en 2015, un petit pactole de 4, 6 millions d'euros.  "La collecte de la taxe de séjour ne règle pas la question de la location du meublé touristique", reconnaît l'adjoint. Mais la Ville a aussi obtenu, il y a quelques semaines, que Airbnb envoie systématiquement un courrier à ses clients qui approchent des 120 jours de location, le palier autorisé, pour leur rappeler la règle, et ce à quoi ils s'exposent : jusqu'à 25.000 euros d'amende.

En marge du dialogue affiché, se développent aussi des "opérations coups-de-poing", souvent médiatisées, qui permettent de cibler un quartier pour y vérifier la légalité des locations. Et faire flipper les autres propriétaires concernés. Le Marais, Montmartre, ou encore Saint-Germain-des-Près ont ainsi vu débouler un matin des équipes de contrôleurs, qui elles aussi, ont été renforcées, passant de 20 à 25. "On en fait une par mois", précise Ian Brossat.

La Ville entend aussi attaquer sur le terrain législatif. Anne Hidalgo souhaite déposer deux amendements à la loi République numérique, actuellement discutée au Sénat. "L'idée serait notamment de mettre en place un numéro d’enregistrement obligatoire pour chaque bien loué en meublé touristique, numéro qui serait délivré après vérification par la collectivité que la location de ce bien est conforme au droit. La maire de Paris veut également que les amendes soient quadruplées. "Aujourd'hui, les amendes sont trop faibles par rapport à la rentabilité des meublés touristiques", indique Ian Brossat. Donc, non : Airbnb ne sera pas banni de Paris. Mais la plateforme devra se plier aux règles d'un "partenariat exigeant".

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