Albertville : le maire obligé d'autoriser la construction d'une école musulmane

A Albertville (Savoie), la justice vient d'obliger la ville à autoriser la construction d'une école musulmane. Une polémique qui ne cesse de prendre de l'ampleur.

HORS CONTRAT - Le maire d'Albertville, en Savoie, a été mis en demeure par le tribunal administratif d'autoriser la construction d'une école de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG). Une association proche de la Turquie et à l'origine du projet de mosquée à Strasbourg.

Le tribunal administratif de Grenoble a contraint mardi dernier le maire d'Albertville à autoriser la construction d'une école primaire privée à l'initiative de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG). Frédéric Burnier-Framboret avait déposé un recours visant à faire annuler le permis de construire sur le fondement du Code de l'urbanisme, "le seul moyen législatif" à sa disposition selon lui.

Une association à l'origine de la mosquée de Strasbourg

Dans une tribune publiée jeudi 8 avril dans Le Figaro, le maire sans étiquette s'est vivement opposé à la décision administrative. Une telle école à Albertville "ne peut qu'inciter au communautarisme", a-t-il estimé, expliquant qu'avec le projet d'accueillir 400 élèves, soit le quart des 1200 écoliers de la commune, l'établissement serait "de nature à mettre en péril les classes, voire les écoles" d'Albertville. Un projet de moindre envergure "aurait pu être discuté" mais l'édile dit avoir reçu "une fin de non-recevoir" de la CIMG. "Cette association est celle qui, actuellement, construit la mosquée de Strasbourg et qui fait partie des trois organisations ayant refusé de signer la charte des principes pour l’islam de France", a encore rappelé Frédéric Burnier-Framboret. 

A l'origine du projet de mosquée dans la ville alsacienne, Millî Görüs devrait recevoir de la mairie une subvention de plus de 2,5 millions d'euros, d'après un vote en conseil municipal. La décision de la municipalité écologiste a soulevé une vive polémique, compte tenue du profil de l'association. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait alors dénoncé "une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France et qui défend un islam politique". Mardi, la préfète du Bas-Rhin a annoncé saisir la justice afin de faire annuler cette "décision litigieuse" et le Sénat a voté jeudi, pendant l'examen du projet de loi sur le séparatisme, un amendement du gouvernement qui prévoit d'obliger les collectivités à informer le préfet, trois mois au préalable, avant toute subvention pour la construction d'un lieu de culte. 

"Cette école ne sera ni islamiste ni turque", assure l'association

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Les propos du maire sont "aussi tendancieux qu'inexacts", a rétorqué Fatih Sarikir, président de CIMG France, dans un communiqué. Cette école "ne sera ni 'islamiste" ni 'turque'" mais "une école confessionnelle hors contrat comme il y en a déjà tant en France, la plupart catholiques ou juives, dans le respect parfait de législation, de la réglementation, et des valeurs françaises", a-t-il ajouté, disant espérer que son établissement pourra passer sous contrat après le délai légal de cinq ans.

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