Du rosé espagnol maquillé en vin français : des millions de bouteilles concernées

Du rosé espagnol maquillé en vin français : des millions de bouteilles concernées
SOCIÉTÉ
DirectLCI
FRAUDE - Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), révélée par Le Parisien dimanche, dévoile l'ampleur de la tromperie : dans près d'un établissement contrôlé sur 5, le rosé présenté comme français était en réalité espagnol... et beaucoup moins cher.

Et si votre bouteille de rosé, affublée d'un drapeau bleu-blanc-rouge, n'était en fait qu'un vin espagnol ? Au vu de l'enquête édifiante de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), révélée par Le Parisien ce dimanche, le risque d'être trompé sur la marchandise n'est pas négligeable, car les bouteilles concernées se comptent en millions.


"Dès fin 2015, nous avons reçu des alertes concernant des francisations de vin espagnol, indique au Parisien le directeur de cabinet adjoint de la DGCCRF, Alexandre Chevallier. Nous avons donc lancé une enquête à tous les échelons du secteur, des producteurs aux importateurs en passant par les restaurateurs et distributeurs." Résultat : 22% des établissements visités en 2016 présentait des anomalies, allant du étiquette trompeuse à la "francisation" illégale de la bouteille". Ces établissements peuvent être des importateurs, des distributeurs, des restaurants, des étiqueteurs.

En vidéo

Risque-t-on une pénurie de vin rosé cet été ?

Environ 10 millions de fausses bouteilles de vin français ont notamment été découvertes chez quatre négociants français d'importance, qui faisaient passer du vin en vrac espagnol dans des bouteilles de rosé floquées sur lesquelles il était écrit "Vin de France", ou une indication géographique protégée. Une arnaque qui s'explique par la forte différence de prix entre les vins français et espagnols : 0,34 euros par litre en Espagne contre 0,75 à 0,90 euros par litre en France.


Les établissements concernés n'étaient pas tous directement responsables de falsifications. La confusion est parfois liée à des étiquettes qui laissent penser que le rosé vient de France, en affichant la photo d'un clocher, une fleur de lys, un drapeau français ou une mention "embouteillé en France". Quant à la véritable provenance du vin, elle est indiquée, mais en petites lettres et dans des endroits parfois peu visibles.

25 procès-verbaux pour pratique commerciale trompeuse ont été dressés

"Parfois, pour des vins vendus en [cubi], la mention d'origine figurait uniquement sous le BIB ou sous la poignée et n’était donc pas directement visible", explique par exemple Quentin Guyonnet-Dupérat, en charge du contrôle des boissons à la DGCCRF. Entre la ruse et l'illégalité, la frontière peut être fine. Jusqu'ici, 25 procès-verbaux pour pratique commerciale trompeuse ont été dressés et 16.700 bouteilles d'un vin espagnol à l'étiquetage ambigu ont été retirées des rayons d'un supermarché d'Île-de-France.


"Le secteur du vinicole représente plusieurs centaines de milliers d’emplois et exporte un savoir-faire français reconnu. Il s’agit donc de protéger les consommateurs mais aussi les entreprises vertueuses qui participent au dynamisme économique des territoires", a réagi la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie Delphine Gény-Stephann.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter