"Jetée comme une malpropre" : la colère d'une caissière licenciée pour 4 euros de courses pendant sa pause

la colère d'une caissière  licenciée pour 4 euros de courses pendant sa pause

DROIT DU TRAVAIL - Une caissière d'un supermarché de Strasbourg (Bas-Rhin) a été licenciée mi-mars pour faute grave : on lui reproche... d'avoir acheté une baguette de pain et une patate douce pendant sa pause. Elle raconte.

Fouzia Dermoun, une caissière d'un supermarché de Strasbourg (Bas-Rhin), a été licenciée mi-mars pour avoir acheté une baguette de pain et une patate douce pendant sa pause. Une faute grave pour son employeur, celui-ci estimant que son geste va à l'encontre du règlement intérieur de l'établissement - qui stipule que l'achat de marchandises non consommées sur place est proscrit. Mais un coup de tonnerre pour cette jeune femme, en première ligne depuis un an de pandémie, qui ne comprend pas ce qui lui arrive. "J'ai été jetée comme une malpropre, en fait. Ma fierté en a pris un coup, alors que j'ai tout donné au moment les plus durs l'année dernière", dit-elle.  

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Le 13h

Fouzia avait été embauché en mars 2020, en pleine crise sanitaire, et arbore un parcours sans anicroche. Intérim puis CDD, et enfin le précieux CDI. Elle va donc tout perdre pour quatre euros. Une affaire qui a fait la une du journal local et suscite l'incompréhension. "On fait ce qu'on veut de notre pause. Faire ses courses, ce n'est pas un motif pour un licenciement", s'étonne ainsi une cliente du supermarché.

Un expert mandaté pour clarifier les faits

Contactée par TF1, la direction du groupe Leclerc a répondu par mail. Elle prend acte des déclarations de la salariée et "mandate un expert en droit du travail afin de clarifier les faits et le respect du code du travail". Mais Fouzia ne compte pas en rester là, car pour elle, c'est une façon bien choquante de remercier les fameux "premiers de cordée". "Je veux qu'ils mettent de la lumière dans cette histoire-là parce que je ne trouve pas ça normal. Si encore j'avais fait une grosse bêtise, mais on ne peut pas licencier quelqu'un par rapport à ça. Tout simplement", lance-t-elle.

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Son compagnon, aide-soignant, est tout aussi choqué. "C'était juste pour acheter à manger pour les enfants. Après je ne sais pas s'ils s'en sont servis comme exemple ou autre chose. Mais ça nous a cassé pratiquement tout ce qu'on avait envisagé pour le futur. Aujourd’hui, les Assedic c'est très important", lance-t-il, consterné. 

Avec son avocat, Fouzia a décidé d'entamer une procédure aux prud'hommes pour un licenciement qu'elle considère "abusif et disproportionné". À la justice désormais de se prononcer. 

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