Aluminium dans les vaccins : des victimes présumées s'organisent

Aluminium dans les vaccins : des victimes présumées s'organisent

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SANTE - Cinquante patients se disant victimes de la présence d'aluminium dans les vaccins ont déposé la semaine dernière un dossier pour être indemnisés. Ils entendent faire passer un message fort aux autorités sanitaires : cet adjuvant doit être retiré des vaccins. Explications.

A 45 ans, Florence B. pensait s’offrir une deuxième vie en devenant aide-soignante. Pour intégrer son école, elle doit être vaccinée contre l’hépatite B. Quinze jours après la première injection du 30 mai 2011, elle ressent des douleurs diffuses dans tout le corps et notamment dans les épaules. "Suite à la deuxième injection, je souffrais tant que j’ai terminé sous anti-inflammatoires", confie-t-elle. Elle subira tout de même une troisième injection.

Il faudra trois années d’errance médicale avant que Florence ne découvre le diagnostic d'un mal qui réduit sa capacité de marche à 30 minutes et lui pose des problèmes cognitifs importants. Elle est atteinte de myofasciite à macrophages , une pathologie rare découverte en 1993 et associée à l’hydroxyde d’aluminium. Cet adjuvant, en l'occurrence, est présent dans de nombreux vaccins, dont celui qu’elle a reçu. Aujourd’hui, Florence vit avec 400 euros par mois de son arrêt maladie. Elle est convaincue du lien entre le vaccin et sa pathologie. "L’aluminium a été enlevé des déodorants et des ustensiles de cuisine, explique-t-elle. Pourquoi continue-t-on à nous l’injecter avec les vaccins ?"

Combien de victimes présumées ?

Cette femme fait partie des personnes regroupées au sein de l’association E3M et qui ont déposé, la semaine dernière, un dossier de demande d’indemnisation, pour la plupart à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). Au total, on compte 50 plaignants. Un chiffre dérisoire, estime Didier Lambert, président de cette association. Le nombre de personnes atteintes de cette pathologie, difficile à estimer, oscillerait, selon lui, entre 400 et... 400.000 victimes.

En outre, si le lien était établi, la plupart de ces personnes ne pourraient obtenir réparation. "Si l’on a reçu une vaccination imposée par son employeur ou bien une vaccination recommandée avant le 5 septembre 2001 (date d’entrée en vigueur de la loi Kouchner sur l’indemnisation des victimes d’erreurs médicales, ndlr) , aucune procédure d’indemnisation n’est possible", souligne Denise Pombieilh, avocate de Pau qui défend quinze des 50 dossiers déposés. Ce qui exclut plus des deux tiers des personnes qui se disent victimes du vaccin, concernées notamment par la campagne massive menée en 1994. A l’instar de Danièle T., une femme de 60 ans aujourd'hui très handicapée qui, en 1997, a dû subir 9 vaccins dont 3 contre l’hépatite B, pour suivre son mari militaire muté au Bénin. Pour contourner le problème, Me Pombieilh a intenté une procédure au tribunal administratif contre le ministère de la Défense.

Aucune preuve, selon les autorités

Le combat de l'association ne va pas de soi. L'Oniam s’est appuyé jusqu’à présent sur l’avis du conseil scientifique de l’Agence du médicament en date du 5 mai 2005. Or, cet avis ne reconnait pas le lien entre la myofasciite à macrophages et l’aluminium dans les vaccins. Dans un rapport en date de juillet 2013, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a également réaffirmé l’innocuité de l’aluminium dans les vaccins. Et lors d’un débat parlementaire sur le sujet en mai 2014, le professeur Daniel Florent, directeur du comité technique de la vaccination du HCSP a indiqué qu’il n'existait "aucune preuve de lien entre l’aluminium et les symptômes de la myofasciite".

Le président de l'association E3M préfère, lui, s’appuyer sur une étude de l’Inserm de 2010 menée par les professeurs Gherardi et Authier. Selon cette étude réalisée sur des souris, les deux professeurs du CHU Henri Mondor à Créteil ont montré que l’aluminium, contrairement à ce qui était admis jusqu'à présent, restait dans le corps et migrait vers le cerveau pour s'y loger. Le Conseil d’Etat a pris en compte l’avancée de ces connaissances scientifiques dans six arrêts récents, dont le dernier date du 23 juillet 2014. Pour Didier Lambert, la cause est entendue : "Il est urgent de supprimer cet adjuvant des vaccins."

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