Angers : seize étudiants des Arts et Métiers tatoués à la cuillère brûlante lors d'un rituel d'intégration

Angers : seize étudiants des Arts et Métiers tatoués à la cuillère brûlante lors d'un rituel d'intégration

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BIZUTAGE - Selon une information révélée par "Le Monde", seize étudiants de première année des Arts et Métiers à Angers ont été tatoués sur les bras avec une cuillère brûlante lors d'un rituel d'intégration. Un rituel "bon enfant" au départ, confie le directeur de l'école, "de moins en moins maîtrisé au fil de la nuit".

Le 11 octobre dernier, une soirée sur le campus d’Angers a tourné au vinaigre. Selon Le Monde, seize élèves de première année de l’Ecole nationale supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM) ont subi des brûlures sur les bras à l’aide d’une cuillère, se faisant tatouer des chiffres à vif sur la peau lors d’un rituel d’intégration, appelé "illusion de tatouage".


Le directeur général de l’école, Laurent Champaney, a confié au quotidien du soir qu’à l’habitude, ce bizutage n’était qu’un rituel bon enfant. "Il y a un mythe qui veut que chaque gadz’art a le numéro de sa 'famille' tatoué sur la fesse. Normalement, c’est une espèce de mise en scène où on fait croire aux premières années qu’on va les tatouer. On passe un glaçon (ndlr : pour simuler la brûlure) et après tout le monde rigole. Mais là, les choses ont été mal maîtrisées", a-t-il déploré avant d’en dire plus sur les faits du 11 octobre dernier : "Ce soir-là, ils n’avaient pas de glaçons pour simuler la brûlure, alors ils ont fait chauffer des manches de cuiller. Ils ont testé sur eux et ont dit que ça donnait une sensation de chaud. Mais il semble que l’opération ait été de moins en moins maîtrisée au fil de la nuit."


En juillet 2016, le rituel d’intégration des étudiants faisait déjà débat, l’Etat affaiblissant le pouvoir des anciens élèves dans le conseil d’administration de l’école par le biais d’un projet de décret. A l’époque, les anciens gadzarts, quelques 33.000 membres réunis au sein de la puissante société appelé "Soce", faisaient corps pour conserver ces "traditions".

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Le bizutage, une pratique encadrée mais parfois difficile à repérer

"L'usinage", période d'intégration controversée

Il y a un peu plus de deux mois, le magazine Neon publiait une enquête après un an passé chez les gadzarts de l'école de Cluny, en Saône-et-Loire. On y apprend qu'entre gadzarts, la solidarité est primordiale et qu'aucune distinction sociale n'est faite entre ces derniers, tous s'appelant par un surnom et un chiffre correspondant à celui de la "famille" à laquelle ils appartiennent. Cette "confrérie" entend faire la distinction entre le bizutage, interdit par la loi, et "l'usinage". Un terme qui correspond à la période d'intégration des "petits nouveaux", souvent controversée et rythmée par des rituels particuliers, mêlant apprentissage intensif de chants et cérémonies nocturnes, censés aider les nouveaux élèves à s'approprier les valeurs de l'école.


En octobre dernier, une enquête avait été ouverte par le procureur de la République de Caen après des soupçons de bizutage lors d'un week-end d'intégration de l'université de médecine de la ville, en 2016. Photos à l'appui, les deux syndicats étudiants Sud Education Calvados et SL Caen avaient ainsi adressé des signalements concernant des scènes "d’humiliation souvent à caractère sexiste et homophobe" voire de "harcèlement, d’agressions sexuelles ou d’incitations à en commettre". Après l'ouverture de cette enquête, le week-end d'intégration des étudiants de deuxième année de l'université de médecine avait été annulé par la présidence de l'établissement.

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