Animal traqué en Seine-et-Marne : un particulier pourrait-il détenir un tel félin ?

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FOCUS – Alors que le félin traqué depuis jeudi en Seine-et-Marne court toujours, Metronews a posé la question au docteur Didier Boussarie, spécialiste des Nouveaux animaux de compagnie (NAC).

Le félin traqué depuis jeudi en Seine-et-Marne continue de jouer avec les nerfs des forces de l'ordre. Et si l'on sait désormais qu'il ne s'agit pas d'un tigre, le mystère sur ses origines reste entier. Evasion d'un cirque, fuite d'un zoo, bête détenue illégalement par un particulier ? Pour creuser cette dernière piste, metronews a sollicité les lumières du docteur Didier Boussarie, spécialiste des Nouveaux Animaux de Compagnie et membre de la Commission "Faune sauvage captive" à la préfecture de l’Aisne. Avec une première interrogation : un particulier pourrait-il détenir légalement un tel félin ?

Des conditions "draconiennes"

Dans l'absolu, la réponse est oui. "A condition qu'il ait obtenu un certificat de capacité délivré par la direction des services vétérinaires" (DDCSPP), précise Didier Boussarie, qui souligne que les conditions pour obtenir un agrément pour de tels animaux non domestiques sont "draconiennes" : "Avant qu'une commission ne donne ou non son accord sur un dossier, les services vétérinaires mènent une enquête chez le propriétaire pour évaluer ses connaissances sur l'espèce qu'il souhaite détenir et les possibilités d'installation à son domicile. Pour les félins, il faut notamment des grandes surfaces et des enclos totalement grillagés". Or, à la connaissance de ce spécialiste, "des détenteurs particuliers de grands félins comme les tigres, il n'y en a pas" : "Quelques propriétaires possèdent des félins en région parisienne, mais d'espèces beaucoup plus petites comme les chats asiatiques".

"Cela peut tout aussi bien ne pas être un félin"

Si ce félin n'était pas détenu légalement, et donc répertorié par l'administration, peut-il l'avoir été illégalement ? Didier Boussarie est tout aussi sceptique : "C'est possible en théorie, mais concrètement relativement peu probable : les gens qui possèdent ce type d'animal sont généralement connus de leur voisinage." Difficile en effet d'imaginer cacher un félin chez soi. Le vétérinaire souligne d'ailleurs qu'on n'apprivoise pas une telle espèce. "Même si les choses peuvent bien se passer quand ils sont bébés, ce sont des animaux qui restent sauvages, explique-t-il. Dans les élevages de renards argentés, on a par exemple remarqué qu'il fallait 25 générations pour parvenir à créer une relation d'animal domestiqué."

S'il juge donc peu crédible la piste d'un félin détenu par un particulier, Didier Boussarie en évoque une autre : que l'animal ne soit finalement pas un fauve... "Il a l'air gros au vue des empreintes retrouvées, souligne-t-il. Et des grands félins, il n'y en a pas tant que cela : à part les tigres, il y a les léopards, les panthères étant très rares et les guépards ayant une tête plus petite que la silhouette aperçue sur les photos." Au vu de celles-ci, notre expert s'interroge. "Cela peut ressembler à certaines races de chien. Les cane corso par exemple : ils ont une tête ramassée, des petites oreilles plutôt pointues." Cela peut donc "tout aussi bien ne pas être un félin".
 

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