Pollution à Paris : "Nos solutions produiront leurs effets, mais pas en six mois", assure Anne Hidalgo

Pollution à Paris : "Nos solutions produiront leurs effets, mais pas en six mois", assure Anne Hidalgo

Société
ENVIRONNEMENT - Lors d'une conférence dédiée jeudi à l'impact de la pollution sur la santé, Anne Hidalgo a défendu à nouveau la piétonnisation controversée des berges de Seine côté rive droite. Face au bilan contrasté de la mesure depuis l'automne 2016, la maire PS de Paris réclame désormais du temps pour en mesurer les avantages.

Paris ne deviendra pas respirable en un jour. C'est en substance le message délivré par Anne Hidalgo, jeudi, à l'occasion d'une conférence organisée par la maire PS de Paris sur l'impact de la pollution sur la santé. La maire, dont les mesures pour lutter contre la pollution sont fortement critiquées par l'opposition, a notamment défendu à nouveau la fermeture à la circulation des berges de la rive droite de la Seine. Lancée en septembre 2016, celle-ci avait été annulée par le tribunal administratif en février 2018, avant que la mairie ne prenne un nouvel arrêté pour pérenniser cette mesure. 


La maire de Paris a assuré, durant la conférence, que "les décisions qui sont prises aujourd'hui vont produire des effets, mais pas en six mois, sur plusieurs années". 

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"Des informations pernicieuses"

"A six mois, on se doutait" que les effets de la mesure ne seraient pas visibles, a insisté la maire de Paris, qui a pointé les détracteurs des berges piétonnes. "Quand on nous explique qu'au bout de six mois, la mesure n'a rien réglé, c'est notre travail collectif qui est en cause", a-t-elle ajouté, visant "les informations pernicieuses" qui ont été relayées lors "d'une campagne de presse inouïe" contre l'action de la mairie. 


"Peut-être s'est-on un peu trop reposés sur les médias" pour expliquer l'action de la Ville, a également jugé Anne Hidalgo, s'interrogeant sur la mise en place "d'outils plus fins" pour permettre aux Parisiens de s'informer directement de la situation de la qualité de l'air dans la capitale. "Pour l'instant, il y a trop de brouillage, et en complexifiant à dessein [les enjeux liés à la circulation automobile, NDLR], on retarde la prise de conscience."

Le bilan à court terme, un mauvais plan

Si Anne Hidalgo réclame aujourd'hui du temps pour évaluer le dispositif, cela n'a pas toujours été le cas. La mairie de Paris avait été la première à brandir, après seulement quatre mois, un bilan de la pollution sur les berges de la rive droite débarrassées des automobiles. En janvier 2017, elle saluait les premiers résultats de l'observatoire indépendant Airparif, chargé depuis novembre 2016, d'analyser l'évolution de la qualité de l'air. Ce dernier avait en effet signalé une réduction des polluants de l'ordre de 25% sur les quais bas, et de 10% sur le trottoir côté Seine. En avril 2017, soit sept mois après la piétonnisation, rebelote. "Moins de véhicules et moins de pollution", se réjouissait la municipalité, pointant à nouveau la baisse de 25% sur la rive droite. Elle avait évoquée, en outre, "l'évaporation" de 28.8% des véhicules, conséquence supposée des nouvelles mesures de restriction de la circulation. 

Un hic, cependant : les bilans d'étape ont réservé de mauvaises surprises. Dès avril, une hausse constatée de 5 à 10% des niveaux de pollution à l'est de la capitale, aux carrefours des quais Henri-IV, des Célestins et de Bercy, en sortie de zone piétonne, ainsi que sur la rive gauche, à l'entrée du boulevard Saint-Germain. Puis, en juin 2017, le comité de suivi de la préfecture de police a évoqué des reports de circulation le matin, aux heures de pointe, en hausse de 72% entre les Tuileries et l'Hôtel de Ville, et de 33% sur le boulevard Saint-Germain. 


Début 2018, la Ville a estimé que le trafic avait diminué à nouveau de 11% le matin sur les quais hauts. Le dernier bilan d'Airparif, quant à lui, n'a pas permis de déduire "un impact significatif", pour la population, de l'évolution de la qualité de l'air, selon les mots de l'organisme indépendant. Car si ce dernier a retenu une "amélioration globale le long des quais (jusqu'à -25%)", il a confirmé du même coup la dégradation simultanée (jusqu'à +15%) à l'est de Paris. Des résultats ambivalents qui expliquent peut-être la prudence désormais requise par la maire de Paris. 

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