Antisémitisme : plus de 300 personnalités dénoncent "une épuration ethnique à bas bruit" en France

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DISCRIMINATION - 300 personnalités, parmi lesquelles Charles Aznavour, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls ou Michel Drucker, dénoncent dans "Le Parisien Dimanche" un "nouvel antisémitisme" et une "épuration ethnique à bas bruit" dans certains quartiers.

"L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous." Ainsi commence le "manifeste contre le nouvel antisémitisme", rédigé par Philippe Val et signé par plus de 300 personnalités venues de divers milieux : politique (Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez, Bertrand Delanoë, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve), culturel (Gérard Depardieu, Charles Aznavour, Françoise Hardy, Pierre Arditi, Michel Jonasz), médiatique (Michel Drucker, Bernard de la Villardière, Laurent Bouvet, Laure Adler, Marc-Olivier Fogiel), ou religieux (Mgr Joseph Doré, le Grand Rabbin Haïm Korsia, l'imam Hassen Chalghoumi).


Pour ces signataires, la France "est devenue le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre". Ils évoquent dans leur manifeste une "épuration ethnique à bas bruit" dans certains quartiers.

10% des citoyens juifs d’Ile de France -c’est-à-dire environ 50 000 personnes- ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines citésLe manifeste

"Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés - et certains torturés - parce que Juifs, par des islamistes radicaux. Pourtant, la dénonciation de l’'islamophobie' - qui n’est pas le racisme anti-arabe à combattre -  dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10% des citoyens juifs d’Ile de France - c’est-à-dire environ 50 000 personnes - ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clémenceau", peut-on lire dans ce manifeste.

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Une partie de la gauche radicale (...) a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la sociétéLe manifeste

Ces personnalités affirment que "la radicalisation islamiste –et l’antisémitisme qu’elle véhicule- est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark,  l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne…"


Ces 250 personnalités ajoutent "qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société". Ils évoquent enfin "la bassesse électorale" qui "calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif." 


"En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime. Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie", conclue le manifeste.

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